BFMTV

Covid-19: le parcours hors norme de Katalin Kariko, la chercheuse à l'origine de l'ARN messager

Contre vents et marées, cette biochimiste est parvenue à mettre au point cette technologie qui a permis d'élaborer le vaccin utilisé en France à partir de ce dimanche.

"Certains devaient penser que ce que je faisais était une impasse, que ce ne serait jamais bon à rien." Alors que la campagne de vaccination doit débuter ce dimanche en France et dans le reste de l'Union européenne, de nombreuses questions se posent encore quant à la nouvelle technologie contenue dans ces doses: l'ARN messager.

Selon sa définition, et à l'inverse des vaccins traditionnels, ces sérums utilisent une molécule qui permet de fabriquer, grâce à l’enveloppe du virus, d’autres molécules protectrice. Derrière cette innovation, une scientifique hongroise, Katalin Kariko, dont le nom est désormais cité pour un possible prix Nobel.

L'histoire dans l'Histoire

L'histoire de cette biochimiste commence en Hongrie, pays alors membre du bloc soviétique. Là, la jeune femme travaille dans un centre de biochimie mais est renvoyée à ses 30 ans, ses supérieurs ne croyant que très modérément à la réussite de ses recherches, qui portent déjà qur l'ARN messager.

Alors, afin de les mener à bien, elle, son mari et sa fille traversent le "rideau de fer", direction les États-Unis, où elle trouve rapidement un travail à l'université de Pennsylvanie.

"J’ai 100 dollars dans mon sac à main, 900 dans un ours en peluche car à l'époque en Hongrie, on ne pouvait pas se déplacer avec autant d'argent", se rappelle-t-elle.

Moderna et BioNTech accordent leur confiance

Outre-Atlantique, Katalin Kariko poursuit ses recherches, qui se soldent par un échec. Lors des premiers tests, l'ARN messager affole le système immunitaire des patients. Très vite, elle est rétrogradée, méprisée, placardisée. Mais elle poursuit son idée.

"C’était difficicile, les gens ne croyaient pas que ça pouvait être une thérapie."

Au détour des années 2000, la scientifique rencontre l'immunologiste Drew Weissman, avec qui elle parvient à résoudre le problème de la réponse inflammatoire de l'ARN messager. Après quoi, les fondateurs des laboratoires Moderna et BioNTech décident de lui faire confiance.

A l'heure actuelle, plus d'un an après le début de la pandémie de coronavirus, des milliards de vaccins utilisant cette technologie devrait être utilisés à travers le monde. En France, 1,16 millions de doses devraient être livrées afin de réussir le plan de vaccination.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV