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Covid-19: la situation sanitaire se détériore fortement en Guyane

Dans ce département d'outre-mer, "le taux d'incidence a doublé en un mois et le nombre de personnes hospitalisées dans les services de réanimation ne cesse d'augmenter", a déclaré Gabriel Attal mercredi.

Alors que les indicateurs concernant la circulation du Covid-19 s'améliorent dans l'ensemble de la France, "il existe un territoire où la situation sanitaire se détériore nettement, en Guyane", a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Le département est "fortement touché par le variant brésilien, le taux d'incidence a doublé en un mois et le nombre de personnes hospitalisées dans les services de réanimation ne cesse d'augmenter", a-t-il détaillé, assurant que le préfet de Guyane allait consulter les élus locaux "dans les prochaines heures pour discuter de mesures supplémentaires qui pourraient être prises".

Un taux d'incidence de 321

Entre vendredi 7 et lundi 10 mai, 511 nouveaux cas ont été détectés en Guyane et 54 personnes atteintes du Covid-19 étaient hospitalisées mercredi, dont 24 en réanimation. Le taux d'incidence global dans ce département est de 321 pour 100.000. Au niveau national, ce chiffre est de 183,54 selon le dernier bilan, et est en baisse depuis plusieurs jours.

Les secteurs les plus touchés sont "l'île de Cayenne", un bassin de 12.000 habitants avec un taux d'incidence monté à 485 pour 100.000 habitants la semaine du 2 au 8 mai, et un taux d'incidence atteignant 441 sur le secteur dit des Savanes comprenant la ville de Kourou. Des secteurs déjà soumis à un couvre-feu de 19h à 5h en semaine, et le week-end de samedi 19h à lundi 5h.

Un cluster de "11 personnels du bloc opératoire de l'hôpital de Cayenne positifs au Covid-19" a été détecté en Guyane, avait indiqué mardi à l'AFP une source proche des autorités sanitaires, confirmant une information du site Guyaweb. De source proche du dossier, ces professionnels de santé positifs "n'étaient pas vaccinés" et lundi "une soignante du bloc" concernée avait contracté "une forme grave" du Covid-19.

Une vaccination faible et la forte présence du variant brésilien

Au 5 mai, seuls 1305 professionnels de santé en Guyane avaient reçu deux doses de vaccin, ce qui représente un taux inférieur à 20% des professionnels de santé et assimilés du territoire, en comptant les personnels administratifs des établissements. À la même date, 3,46% de la population guyanaise (10.010 personnes) avaient reçu leurs deux doses de vaccins Pfizer-BionTech. La défiance vis à vis de la vaccination persiste, dans un contexte local où la troisième vague entraine une nouvelle hausse des contaminations.

"La cible vaccinale est désormais élargie aux plus de 16 ans et est accessible sans rendez-vous dans tous les centres de vaccination", avait annoncé la préfecture le 7 mai, afin d'accélérer la cadence.

Ce fort rebond épidémique est aussi certainement dû au fait que les trois variants préoccupants ont été détectés en Guyane, principalement le brésilien V3 (ou P1 de Manaus) détecté pour 80% des prélèvements positifs depuis plusieurs semaines et le britannique (10 à 20%). Les cas de variant dit sud-africain restent isolés.

De nouvelles mesures dès vendredi

Alors que la grande majorité des Français se préparent à un déconfinement, des premières mesures de restriction avaient été prises la semaine dernière: "les rassemblements de plus de 6 personnes sont annulés. La possibilité de demander une dérogation préfectorale pour l’organisation d’un événement n’est plus possible jusqu’à nouvel ordre" écrivait ainsi la préfecture.

Mercredi, de nouvelles mesures ont été annoncées, effectives à partir du 14 mai et au moins jusqu'au 30 mai. Les cinémas, restaurants, théâtres musées, salles de sports et cérémonies, jusque-là ouverts sous protocle sanitaire, seront fermés, et "les activités privées sont autorisées dans un rayon de 10km du domicile et limitées à 1h maximum".

Le couvre-feu actuellement en place est maintenu, avec un horaire fixé sur l'ensemble du territoire: il est de 19h à 5h du lundi au vendredi et le week-end, du samedi 19h au lundi 5h.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon avec AFP Journaliste BFMTV