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Covid-19: l'Union européenne appelle les 27 États-membres à vacciner 70% des adultes d'ici fin août

Des doses du vaccin contre le Covid-19 à l'hôpital de Sevran.

Des doses du vaccin contre le Covid-19 à l'hôpital de Sevran. - Thomas SAMSON

Bruxelles appelle les pays de l'UE à "accélérer" les vaccinations pour protéger 70% des adultes d'ici fin août, et 80% des professionnels de la santé et des plus de 80 ans d'ici mars.

Bruxelles a appelé mardi les pays de l'UE à "accélérer" les vaccinations pour protéger 70% des adultes d'ici fin août contre le coronavirus, et 80% des professionnels de la santé et des plus de 80 ans d'ici mars.

"Les vaccinations doivent accélérer", a exhorté la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides lors d'une conférence de presse, alors que la lenteur du démarrage de ces campagnes dans les 27 par rapport au Royaume-Uni, aux États-Unis et Israël notamment a été critiquée.

"Nous proposons que d'ici mars, les États membres aient vacciné au minimum 80% des professionnels de santé et des plus de 80 ans", a déclaré le vice-président de la Commission, Margaritis Schinas, en présentant des recommandations de l'exécutif européen pour lutter contre la pandémie.

"Nous proposons aussi que d'ici l'été, les États membres aient vacciné 70% des adultes", a-t-il ajouté, avant un sommet européen jeudi soir. Il a précisé ensuite qu'il fallait comprendre d'ici au "31 août".

Il s'est dit confiant dans le fait qu'"à la fin du premier trimestre", les Européens pourront disposer d'une "quantité impressionnante de doses" de vaccins, grâce à l'augmentation prévue des livraisons et à de futures nouvelles autorisations de vaccins.

Margaritis Schinas a aussi indiqué que la Commission travaillait avec les 27 pour mettre en place des certificats de vaccination "interopérables entre les États membres et rapidement utilisables au sein de l'UE et au-delà."

"Nous avons besoin de certificats de vaccination qui permettraient d'enregistrer clairement les antécédents de vaccination de chaque individu afin de garantir un suivi médical adéquat", a-t-il dit.

"Une approche commune de l'UE en matière de certificats (...) ouvrirait également la porte à d'autres utilisations afin d'aider à lever les restrictions" liées au Covid-19, a-t-il dit.

Une allusion à la proposition émise par la Grèce, soucieuse de sauver son secteur touristique, qui prône la mise en place d'un passeport vaccinal pour que les personnes vaccinées puissent voyager. Une initiative que plusieurs pays, dont la France et l'Allemagne, jugent toutefois prématurée.

Augmenter le séquençage du génome

À la suite de l'apparition de variants du Covid-19, plus contagieux, la Commission a aussi pressé les États membres d'augmenter le séquençage du génome, pour le pratiquer sur 5% minimum et 10% dans l'idéal des résultats de tests positifs, se disant prête à les aider en mobilisant des fonds.

"À l'heure actuelle, beaucoup de pays européens testent moins de 1% des échantillons, ce qui est bien trop faible pour identifier la progression des variants ou pour en détecter de nouveaux", a souligné Stella Kyriakides.

L'UE a déjà signé six contrats avec des groupes pharmaceutiques, poursuit ses discussions avec deux autres laboratoires, et pourrait obtenir jusqu'à 2,5 milliards de doses.

Seuls les vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna ont pour l'instant reçu le feu vert de l'Agence européenne des médicaments (EMA en anglais) pour être déployés dans l'UE. Le régulateur européen se penchera d'ici la fin du mois sur le vaccin d'AstraZeneca.

Les deux premiers vaccins autorisés permettent de couvrir 80% de la population européenne (450 millions d'habitants), selon la Commission. La pandémie a causé la mort de 400.000 personnes dans l'UE.

Dons de vaccins à venir

Et alors que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a mis en garde lundi contre un "échec moral catastrophique" si les pays pauvres n'avaient pas accès également aux vaccins, la Commission a promis "d'intensifier ses efforts" pour aider ses "voisins et partenaires dans le monde" à en obtenir.

"Très bientôt, nous allons pouvoir annoncer des dons de vaccins au reste du monde", a déclaré Stella Kyriakides. "L'Europe ne détournera pas les yeux face à ses responsabilités morales et politiques", a-t-elle assuré.

Elle a rappelé que l'UE était le principal donateur dans le cadre de Covax - mécanisme mis en place par l'OMS et l'Alliance pour les vaccins (Gavi) pour distribuer des vaccins anti-Covid aux pays défavorisés - qu'elle soutient à hauteur de 850 millions d'euros.

C.M. avec AFP