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Covid-19: l'infectiologue Odile Launay appelle à des mesures "plus intenses dans les départements les plus visés"

Elle estime toutefois qu'un reconfinement national de trois semaines pourrait ne pas être suffisant au vu de la stratégie utilisée par le gouvernement.

Invitée sur BFMTV-RMC ce lundi, l'infectiologue et membre du comité vaccin Odile Launay est revenue sur la situation sanitaire en France, où les contaminations au Covid-19 augmentent jour après jour. Pour la professeure, il semble désormais évident que "le gouvernement va devoir prendre des mesures plus intenses dans les départements les plus visés."

"C’est une stratégie qui vaut le coup d’être essayée. Il n'y a pas la même intensité dans toutes les régions, on l'a vu avec la première vague. Les régions de l'Est sont les plus touchées, probablement en raison du climat, de l'hydrométrie et de la densité de population. Est-ce nécessaire de confiner toute la France alors qu’on veut préserver les régions ou le virus circule le plus?", interroge-t-elle.

Pour Odile Launay, le confinement localisé reste pour l'heure la meilleure solution.

"On n’est pas sur une ligne exponentielle, ça augmente, on est passé de 2400 à 3500 patients en réanimation, mais on n'est pas aux 7000 de l’an passé. On va être obligé de reprendre des mesures plus intenses dans les départements les plus visés", assure-t-elle.

"Il a fallu beaucoup plus que trois semaines"

En revanche, Odile Launay souligne qu'avec la stratégie mise en place actuellement par l'exécutif, un confinement généralisé du pays ne serait pas complètement efficace.

"Efficace oui, mais jusqu’à quel niveau? Si on veut le 'zéro Covid', on a l’expérience de mars dernier, il a fallu beaucoup plus que trois semaines pour diminuer. Ca fera baisser, mais ca permettra sûrement pas le zéro Covid", pronostique-t-elle.

En guise de conclusion, l'infectiologue estime que l'objectif des autorités sanitaires doit rester celui d'éviter au maximum les interactions sociales entre les Français.

"Il faut éviter la circulation du virus, que les gens rencontrent 10, 15, 20, 40 personnes. On peut faire prendre conscience qu'il y a beaucoup d'asymptomatiques. Plus ils vont multiplier les contacts plus le risque d’être contaminé va augmenter. Il faut mettre le masque, on a vu ce week-end que les gens ne mettent pas le masque. On ne peut pas empêcher les gens de sortir, mais sortons avec un masque", martèle-t-elle.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier avec AFP Journaliste BFMTV