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Covid-19: est-il possible de contrôler son niveau d'immunité après avoir été vacciné?

Image d'illustration - Virus du Covid-19 isolé

Image d'illustration - Virus du Covid-19 isolé - Handout / National Institute of Allergy and Infectious Diseases / AFP

Il est possible de réaliser un test pour savoir si oui non, une personne a fabriqué des anticorps contre le Covid-19 après la vaccination, mais cela ne signifie pas forcément qu'elle est immunisée.

Tous les Français de plus de 18 ans peuvent, depuis ce lundi, se faire vacciner contre le Covid-19. Déjà 37,81% de la population a reçu au moins une dose d'un vaccin contre ce coronavirus, et 17,8% les deux doses, selon les dernières données des autorités sanitaires. On sait que l'immunité conférée par les vaccins contre le Covid-19, survient deux semaines après la deuxième injection ou deux semaines après la première, et seule injection, dans le cas du vaccin Johnson & Johnson.

Mais est-il possible de mesurer à quel point le vaccin a fonctionné chez une personne en particulier ?

"Rechercher si une personne a développé une réaction immunitaire"

Pour savoir si un organisme a fabriqué des anticorps, il y a le test sérologique. Ces tests, diffusés dès les premiers mois de l'épidémie de Covid-19 en France, "permettent de rechercher si une personne a développé une réaction immunitaire après avoir été en contact avec le virus", explique le site du gouvernement. Ils "détectent la présence d'anticorps au moyen d'une prise de sang".

Ces dépistages sont notamment utilisés pour savoir si une personne a auparavant été, ou non, contaminée par le Covid-19. Mais il est aujourd'hui aussi possible de se rendre dans un laboratoire après avoir été vacciné, et de vérifier la présence d'anticorps contre le Covid-19 dans son organisme, explique à BFMTV.com Henry-Pierre Doermann, vice-président du syndicat des biologistes.

"C'est tout à fait possible oui, mais ce n'est pas remboursé, et cela ne fait pas partie des recommandations", explique-t-il. Le biologiste souligne qu'il y a des demandes actuellement en France, mais qu'elles concernent surtout des cas de personnes où il y a un doute sur la conservation du flacon de vaccin, le respect de la chaîne du froid ou encore sur la bonne façon de faire le vaccin. "Ce sont des cas assez particuliers", déclare Henry-Pierre Doermann.

D'autre part, pour savoir si c'est grâce au vaccin qu'une personne a développé des anticorps, et non simplement parce qu'elle a été contaminée à un moment, il faut tester la présence d'anticorps spécifiques amenés par la vaccination, comme ceux s'attaquant à la protéine Spike. Des tests permettant de faire cette différence sont actuellement étudiés, et certains sont même disponibles, comme l'écrivait Futura Sciences en avril.

"La présence d’anticorps n’est pas synonyme de protection immunitaire"

Toutefois, si le test sérologique pourra dire si oui ou non une personne possède des anticorps contre le Covid-19, il ne pourra pas en revanche garantir qu'une personne est immunisée. "La présence d’anticorps n’est pas synonyme de protection immunitaire", note ainsi la Haute Autorité de Santé dans un rapport sur le Covid-19 cet été. "En effet, si la présence d’anticorps neutralisants a pu être observée chez des patients, il n’existe pas encore de corrélat de protection. Une protection certaine à moyen terme, durable ou définitive n’est pas garantie".

"Quasiment 100% des personnes vaccinées vont développer des anticorps", explique à BFMTV.com Stéphane Paul, immunologiste et membre du comité vaccin Covid-19, "mais ce que l'on ne sait pas, c'est à partir de quel niveau le taux d'anticorps neutralisants est suffisant pour garantir l'immunité". Selon les observations actuelles toutefois, "on sait que plus le taux d'anticorps neutralisants est élevé, mieux on répond au virus et surtout à ses variants".

Des tests de neutralisation - permettant d'évaluer si une personne possède des anticorps neutralisants - existent aujourd'hui dans une dizaine de centres en France, explique Stéphane Paul. Mais "ils ne sont pas rapides, cela prend aujourd'hui 5 jours pour un test", souligne l'immunologiste. Plusieurs outils sont actuellement en cours d'élaboration pour améliorer cette temporalité, mais aussi pour comprendre à partir de quel taux il est possible de parler d'immunité.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV