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Covid-19: dans les laboratoires, "les demandes de tests baissent de semaine en semaine"

La stabilisation de la situation sanitaire en France, constatée depuis plusieurs semaines, s'accompagne d'une diminution des demandes de tests dans les laboratoires. Henry-Pierre Doermann, vice-président du Syndicat des Biologistes (SDB), expose auprès de BFMTV.com plusieurs hypothèses pour expliquer cette baisse.

Depuis plusieurs semaines, les indicateurs pour mesurer l'évolution de l'épidémie de coronavirus se sont améliorés en France, poussant Emmanuel Macron à affirmer, mardi, lors de son allocution télévisée, que "le pic de la seconde vague est passé". Cette stabilisation de la situation sanitaire se traduit-elle par une diminution de l'afflux de personnes dans les laboratoires? Henry-Pierre Doermann, vice-président du Syndicat des Biologistes (SDB) répond aux questions de BFMTV.com.

> Quelle est la tendance dans les laboratoires?

"On constate une baisse des demandes de tests de semaine en semaine. On a sondé nos confrères sur le territoire national, la diminution est généralisée partout en France. La semaine dernière on avait, par rapport à la semaine précédente, une baisse de 30 à 40%. On doit donc être actuellement sur une baisse de 40 à 60% de patients testés depuis quinze jours."

> Comment expliquer ce phénomène?

"Il existe plusieurs hypothèses, mais il faut être prudent. La première est que l'on est de l'autre côté, dans la phase descendante de la courbe épidémique. Il y a moins de cas et moins de cas contacts forcément. On constate également une baisse du taux de positivité et de l'incidence. Et on commence à voir une petite baisse des hospitalisations pour Covid et une amorce de baisse au niveau des entrées en réanimation. Il s'agit de l'évolution normale de l'épidémie, qui s'ajoute au confinement, même s'il était léger.

La deuxième hypothèse est que lorsqu'il y a un confinement, les gens sortent évidemment moins. Ils vont également moins consulter dans les cabinets médicaux et se rendent moins dans les laboratoires. La baisse des consultations SOS médecins est un bon marqueur.

Les tests antigéniques ne sont pas, selon nous, une bonne piste pour expliquer la baisse de fréquentation. Si certaines pharmacies s'y sont mises, le nombre de tests n'est pas très important encore. Ils sont en phase de développement, mais il n'y en a pas tant que ça qui sont réalisés."

> Craignez-vous de possibles pics de fréquentation, notamment avant les vacances de Noël?

"La baisse actuelle est importante. On a testé, au plus fort de la crise, 2,2 millions patients par semaine. On doit, aujourd'hui, être retombés à 1 million. On est à la moitié de nos capacités. Les laboratoires sont donc à même de faire plus.

Même s'il y a des petits pics de demandes, ce ne sera pas un problème. Il est possible qu'avant les vacances les gens aient envie de se faire tester. On ne s'attend cependant pas à un important mouvement de dépistage comme en septembre, au moment de la rentrée scolaire.

On est dans un contexte un peu différent. En septembre, il y avait une pression médiatique et une invitation du gouvernement à ce que tout le monde se fasse tester, y compris sans ordonnance. Mais là, on est encore dans le confinement, et le déconfinement va se faire de manière douce. Je pense que le phénomène sera moins important que ce qu'on a vécu en septembre. Mais il faut rester prudent."

Clément Boutin Journaliste BFMTV