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Covid-19: comment bien utiliser un autotest?

Mis en vente en pharmacie ce lundi, ces dispositifs doivent permettre aux particuliers de se dépister rapidement, mais ne doivent pas remplacer un test PCR.

L'annonce a été officialisée par un arrêté du ministre de la Santé publié dimanche au Journal officiel. Comme l'avait glissé Olivier Véran loirs d'un entretien avec le média Brut, les autotests seront autorisés à la vente dès ce lundi dans près de 6000 pharmacies pour les personnes de plus de 15 ans. Ils seront une aide pour un dépistage collectif ou pour un particulier à domicile.

Ces autotests "vont se déployer progressivement dans des milliers d'officines tout au long de la semaine" au prix de six euros, a indiqué le ministre de la Santé dans un entretien au Journal du dimanche. En ce début de semaine, en raison d'un stock réduit, ils seront toutefois difficiles à trouver.

Dans un "petit guide d'utilisation" consultable en ligne, le ministère de la Santé rappelle que "l'autotest est une forme de test antigénique, à réaliser soi-même" et qu'il sert à dépister "les personnes qui n'ont pas de symptômes et qui ne sont pas personnes contacts."

Une utilisation simple

L'utilisation de ces autotests doit suivre une procédure très stricte afin de montrer toute son efficacité. Au micro de BFMTV, Bruno Pellous, pharmacien et président du réseau Suprapharm, en détaille les grandes lignes.

"Rien ne sert de l’enfoncer au maximum, vous vous mettez comme ça (tête en arrière, ndlr), vous levez, vous le mettez juste dans votre narine et vous tournez. Une fois que c’est fait, vous mettez ça dans le goupillon et vous tournez et attendez quelques secondes Vous bouchonnez le flacon vous mettez quelques gouttes sur la plaquette", détaille-t-il. Le ministère de la Santé rappelle qu'un lavage des mains est essentiel avant de réaliser le prélèvement.
Le schéma du prélèvement nasal avec un autotest
Le schéma du prélèvement nasal avec un autotest © Ministère de la Santé

Alain Ducardonnet, consultant santé de BFMTV, décrit plus en détails les secondes qui suivent le prélèvement nasal.

"Vous avez le moment important, c’est celui où il faut tremper l’écouvillon dans le petit tube pour déposer les éléments. Ensuite, vous avez ce tube avec le liquide plus l’écouvillon, vous mettez deux gouttes ici et vous mettez sur une petite tablette, vous attendez entre 20 et 30 minutes pour voir apparaître des traits", explique-t-il.

Là, trois propositions s'offrent à l'usager. Si deux bandes colorées apparaissent au niveau des marqueurs C et T, alors le test est positif, si une bande n'apparaît que dans la zone C, alors il est négatif. En revanche, le test est invalide si aucune bande n'apparaît au niveau de la zone C. Il faut alors refaire un autotest.

Les trois possibilités de résultat d'un autotest
Les trois possibilités de résultat d'un autotest © Ministère de la Santé

Un test PCR nécessaire en cas de résultat positif

Une fois le résultat connu, il convient de jeter les articles du kit dans un sac plastique pour éviter toute contamination, de fermer ce dernier, et de le placer dans un deuxième sac plastique avant de le jeter à la poubelle.

Si le test est positif, il convient de s'isoler à son domicile, d'effectuer un test PCR de confirmation et de contacter son médecin traitant tout en respectant scrupuleusement les gestes barrières.

Cependant, un autotest négatif n'est pas gage de sécurité. "Si le test est négatif ça ne veut absolument rien dire et ça ne doit pas rassurer", explique auprès de BFMTV le médecin généraliste Jean-Paul Hamon.

En réalité, l'utilisation d'un autotest doit être conditionnée à une grande vigilance et à une certaine régularité.

"S'il est positif, il l'est à 99%, mais s'il est négatif, dans 2 cas sur 10, on peut passer à côté. Il est intéressant s'il se répète, 2 à 3 fois par semaine. S'il est positif alors il faut faire un test PCR pour être référencé. Ils sont intéressants pour les écoles pour la prochaine rentrée, mais aussi si vous allez voir une personne vulnérable qui n'a pas été vaccinée, ou si vous allez au travail une journée. C'est une façon de savoir, mais la répétition fait que vous pouvez vous dépister vous-même", conclut Alain Ducardonnet.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV