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Pourquoi il sera compliqué de trouver des autotests en vente dès lundi

Un autotest réalisé par AAZ

Un autotest réalisé par AAZ - AAZ

Annoncé en grande pompe par Olivier Véran pour le 12 avril, les autotests risquent pourtant de manquer dans les pharmacies. D'une part, le cadre de vente n'a pas encore été défini, d’autre part, l'Etat a préempté la quasi-totalité des stocks notamment pour les écoles.

Voilà de quoi agacer les pharmaciens. La semaine dernière, le ministre de la Santé Olivier Véran annonçait l'arrivée des autotests pour le lundi 12 avril dans les pharmacies, un "outil de plus" dans la stratégie de dépistage alors que le nombre de cas de Covid-19 continue de rester haut en France. Problème: les étagères des officines risquent d'être un peu vides pour le lancement, ce lundi.

Pour les pharmaciens, c'est encore le grand flou puisque les arbitrages n'ont pas encore été tranchés entre Bercy et le ministère de la Santé. Quel prix d'abord? Le tarif sera plafonné, probablement entre 6 et 8 euros mais rien n'est encore entériné. Sera-il remboursé? Probablement, mais seulement pour certaines catégories de personnes comme les aides-soignants dans les Ehpad.

Manque de stocks

Surtout, la quasi-totalité des stocks ont été préemptés par l'Etat, pour préparer la rentrée des classes. Pour le moment, seules deux entreprises (AAZ et Biosynex) sont homologuées pour vendre ces fameux autotests et vendredi matin, AAZ annonçait déjà 2,5 millions d'autotests livrés à Santé Publique France et au ministère de la Santé pour le mois d'avril.

Une troisième entreprise, Innova Medical Group, attend encore le feu vert de l'Agence nationale de sécurité du médicament pour livrer ses stocks. "On a déjà des précommandes auprès des pharmacies", assure Nicolas Contassot, directeur de la commun. Mais l'autorisation ne devrait arriver que dans le milieu de la semaine prochaine. De quoi évidemment soulager les pharmaciens.

Manque d'entrain

Reste en réalité à savoir si le gouvernement compte véritablement sur ces autotests. Le ministère de la Santé a mis son veto sur une vente en grande surface, comme c'est pourtant le cas dans les pays voisins. "Il faut qu'il y ait un professionnel de santé qui puisse vendre ces tests-là, en explique le fonctionnement, ce n'est pas si simple", se justifiait Olivier Véran. La crainte, c'est que l'autotest soit mal réalisé et ne vienne, peu à peu, remplacer les tests PCR et tests antigéniques réalisés par des biologistes ou des pharmaciens.

Pour les mauvaises langues, le manque d'enthousiasme de l'Etat sur ces autotests est aussi la conséquence du travail de sape des lobbys: pharmaciens et laboratoires réalisent de bien meilleurs bénéfices avec les tests actuels qu'avec les autotests.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business