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Covid-19: ce que révèlent les eaux usées sur la circulation du virus

A la tête d'un réseau de 200 stations, s'étendant au-delà de la région francilienne, la régie Eau de Paris, qui prélève les eaux usées, dresse le panorama de la circulation de l'épidémie dans le pays. BFMTV s'est rendu dans leurs locaux d'Ivry-sur-Seine.

L'analyse des eaux usées permet de dresser un tableau complet et général de la circulation du Covid-19 dans le pays. C'est ce à quoi s'attelle depuis avril 2020 la régie Eau de Paris, dont le réseau de 200 stations s'étend au-delà de l'Île-de-France.

De prélèvement en prélèvement, la société mesure la diffusion du virus et la tendance qu'elle suit. Ce mercredi, BFMTV s'est rendu dans leurs locaux d'Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne.

Une information indépendante des tests

Laurent Moulin, responsable recherche et développement d'Eau de Paris, explique la plus-value des éléments dégagés de l'étude des eaux usées par rapport aux autres statistiques:

"Notre information est indépendante du nombre de tests réalisés dans la journée, ce qui nous permet d'avoir une vision globale et indépendante de la volonté ou des événements qui font que les gens vont se tester ou non dans la journée."

L'indépendance des données puisées par Eau de Paris dresse un panorama presque contre-intuitif de la circulation de la pandémie. Alors que Santé Publique France a enregistré mardi un nouveau record de contaminations en 24h avec 464.769 nouveaux cas, pour une moyenne d'infections quotidiennes de 309.433 au cours de la semaine écoulée, Laurent Moulin affirme: "Dans la plupart des régions, on a atteint soit un niveau de stabilité soit un début de descente comme on peut le voir en région parisienne."

Une méthode fiable

Mais pour Laurent Moulin, la méthode a fait la preuve de sa fiabilité. "Personne n'a jamais montré de décorrélation entre le nombre de cas et le résultat des eaux usées", note-t-il. Reprenant l'exemple de l'Île-de-France, il soutient qu'"on y observe une baisse depuis quelques jours, voire quelques semaines."

Le taux d'incidence actuel à Paris autorise par ailleurs à parler d'une légère décrue de la flambée pandémique dans la capitale. Celui-ci est passé de 3771,5 au 7 janvier à 3538 mardi. Sur Twitter, l'ingénieur Guillaume Rozier, fondateur de l'outil de suivi numérique de l'épidémie CovidTracker, a toutefois alerté: "Le nombre de tests positifs baisse, mais le nombre de tests réalisés (positifs et négatifs) baisse encore plus vite. Difficile donc de savoir à quel point la baisse des tests positifs est liée à une baisse épidémique".

Le verdict livré par les eaux usées devrait donc l'incliner à l'optimisme.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV