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Covid-19: ce que l'on sait du "variant congolais", activement surveillé en France

Le variant congolais a été repéré pour la première fois en septembre.

Le variant congolais a été repéré pour la première fois en septembre. - Christophe ARCHAMBAULT / AFP

L'Institut Pasteur devrait rapidement rendre ses conclusions concernant ce variant détecté pour la première fois en septembre en République du Congo.

Contrairement aux variants Alpha, Delta, ou plus récemment Omicron, il n'a pas encore eu droit à sa lettre grecque. Pourtant, le variant dit "congolais" fait l'objet d'une surveillance accrue par les autorités sanitaires françaises, comme le révèle une note publiée par Santé Publique France le 12 novembre.

· Découvert en République du Congo

Ce variant, dénommé B.1.640, a pour la première fois été découvert en République du Congo, pays d'Afrique centrale, en septembre. Il représentait huit des 24 séquences déposées par le pays dans la base de données internationales du GISAID, permettant de centraliser les informations relatives au Covid-19 au niveau mondial, mais qui n'est pas exhaustive.

En dehors du Congo, ce variant a été repéré en Italie, aux Pays-Bas, en Suisse, au Royaume-Uni, et aux Etats-Unis.

· Déjà présent en France

Dans l'Hexagone, ce variant s'est premièrement manifesté en Bretagne, fin septembre. Lors d'une soirée dans le Finistère, à Bannalec, un Nantais tout juste revenu du Congo l'aurait transmis à une famille. Quelques jours plus tard, 24 cas positifs sont identifiés dans la commune bretonne, dont 18 élèves.

C'est alors que les scientifiques détectent chez huit des personnes positives le "variant congolais". Olivier Véran, le ministre de la Santé, évoque ce variant pour la première fois à la mi-novembre, évoquant le cluster breton. "Je ne dis pas ça pour inquiéter, rien n’indique que ce variant soit particulièrement dangereux", déclare alors le ministre.

Depuis, une cinquantaine de cas de ce variant ont été détectés en France.

· Surveillé par les autorités sanitaires françaises

Dans le document publié le 12 novembre, Santé Publique France écrit: "Suite à la survenue d’un cluster en Bretagne avec détection d’un nouveau variant caractérisé par un profil de mutations inhabituel, un suivi renforcé a été initié, en France et à l’international".

Et dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, Bruno Lina, virologue et membre du conseil scientifique déclare: "Nous surveillons également, depuis trois à quatre semaines, un autre variant, le B.1.640, détecté pour la première fois au Congo et en France. Il porte beaucoup de mutations, sans atteindre le nombre record d’Omicron, et il a lui aussi un potentiel de transmission important. L’Institut Pasteur, qui effectue des tests en laboratoire sur ce virus, va rendre publics ses résultats dans de brefs délais".

· Neuf mutations

Ce variant présente neuf mutations dans la protéine Spike, "la clé qui permet au SARS-CoV‑2 de pénétrer dans nos cellules" fait savoir l'INSERM. A titre de comparaison, le variant Omicron comporte 32 mutations dans sa protéine Spike.

Dans son document portant sur le "variant congolais", Santé Publique France indique que ces neuf mutations peuvent toutefois "avoir un impact sur l’échappement à la réponse immunitaire".

· Des premières données rassurantes

Néanmoins, près de trois mois après sa découverte, les premiers résultats disponibles ne font pas état d'un potentiel de transmission massif concernant ce "variant congolais".

A propos du "variant congolais", Santé Publique France note: "Les données épidémiologiques montrent l’absence de diffusion importante ou de progression en France ou à l’international; Il n’existe pas d’éléments virologiques, épidémiologiques ou cliniques probants en faveur d’un impact significatif en santé publique".

Des premières conclusions que viendront affirmer ou non les résultats que s'apprêtent à rendre l'Institut Pasteur.

Jules Fresard