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Covid-19: avec l'arrivée des variants, faudra-t-il aussi vacciner les enfants?

Dans un entretien accordé au Parisien le coordinateur de la stratégie de vaccination du gouvernement, Alain Fischer, s'interroge sur l'opportunité de vacciner des enfants. Une optique qui ne plaît pas à tous les soignants.

C'est une observation, rapide, qui laisse le monde scientifique et médical songeur. Dans un entretien accordé au Parisien vendredi et publié le soir même sur le site du quotidien, Alain Fischer, l'immunologue coordonnant la stratégie vaccinale contre le Covid-19 pour le gouvernement, a lancé: "La stratégie va bouger en fonction de la situation épidémique. Les nouveaux variants pourraient, par exemple, nous conduire à faire évoluer la stratégie. Peut-être un jour faudra-t-il vacciner les enfants." Le "Monsieur vaccin" du gouvernement a poursuivi:

"En Grande-Bretagne, on cherche à savoir si leur taux d'infection plus important est lié à ce variant. Si cela se confirme et que les enfants transmettent le virus, la question se posera."

Il a reçu le soutien de l'infectiologue Robert Sebbag, travaillant pour l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière, sur notre plateau vendredi soir: "Si un nouveau variant devenait dominant comme en Angleterre, il faudrait se poser la question avant la rentrée scolaire prochaine."

"Ce serait une aberration"

Frédéric Adnet, chef des urgences de l'hôpital Avicenne de Bobigny, a cependant contré ce samedi matin sur notre antenne, affirmant: "Les pédiatres britanniques nous ont rassuré là-dessus. Le variant est plus transmissible mais il infecte les enfants comme les autres et n'est pas plus grave pour eux." De l'autre côté de la Manche, des études cherchent actuellement à y voir plus clair sur la transmission du variant parmi les plus jeunes.

Frédéric Adnet a souligné:

"Ce serait un changement de fond car je vous rappelle la stratégie en vigueur, qui est une bonne stratégie pour nous soignants, qui est de sauver des vies, c'est-à-dire de désengorger les hôpitaux en soignant les plus fragiles, parce que ce sont ces personnes qui développent des formes graves et décèdent. Ce n'est pas le même cas avec les enfants qui ne font pratiquement jamais la forme grave de la maladie."

"Je ne peux pas croire une seule seconde qu'il y ait un changement de stratégie, qu'on laisse tomber les patients les plus fragiles pour vacciner les enfants. Ce serait une aberration", a-t-il asséné.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV