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Coronavirus: qu'y a-t-il derrière l'Université Johns-Hopkins, experte en traçage des patients?

Carte interactive des victimes du Covid-19, conçue et alimentée en temps réel par les chercheurs de l'Université Johns-Hopkins

Carte interactive des victimes du Covid-19, conçue et alimentée en temps réel par les chercheurs de l'Université Johns-Hopkins - Johns Hopkins University

Cette université privée de l'État du Maryland, désormais connue pour sa carte interactive qui dénombre en temps réel les personnes ayant été testées positives ou morte des suites du Covid-19 dans le monde, est comptée parmi les plus prestigieuses des États-Unis.

Beaucoup sont désormais familiers de cette carte interactive. Détaillée et en accès libre, elle dénombre en temps réel les personnes touchées sur la planète par la pandémie de Covid-19 due au nouveau coronavirus. On y voit par ailleurs les morts et ceux qui ont guéri de la maladie. Un travail éminemment utile et important, réalisé par l'Université Johns-Hopkins aux États-Unis. 

Basée dans l'État du Maryland, à Baltimore, cette université privée jouit d'une renommée mondiale, notamment grâce à sa faculté de médecine. C'est elle qui, depuis plus de deux mois, est en pointe sur le traçage de l'impact concret de la pandémie sur les individus à travers le monde. La carte interactive, elle, a été rendue publique dès le 22 janvier, rappelle la revue médicale britannique The Lancet. À l'époque, ni la France ni l'Italie - pour ne citer que ces exemples - ne sont encore touchées par le SARS-CoV-2. 

Meilleure école de médecine après Harvard

Fondée en 1876, l'Université Johns-Hopkins se définit comme étant la meilleure des universités américaines dédiées à la recherche. Selon ses propres chiffres, plus de 25.000 étudiants y sont actuellement inscrits. Au total, à compter d'octobre 2019, elle a vu passer 39 lauréats du prix Nobel et un de la médaille Fields au cours de son histoire. 

Pour concevoir sa précieuse carte interactive, elle s'est appuyée sur des données recueillies auprès de la Chine, de l'Organisation Mondiale de la Santé et du Centre européen de Prévention et de contrôle des maladies. 

L'ensemble des données, d'abord entrées manuellement dans le tableau de bord, sont depuis le 1er février automatisées et coordonnées par son équipe de chercheurs. Ces derniers bénéficient d'un budget conséquent: en 2016, l'université a dépensé 2,5 milliards de dollars pour la recherche. Elle est régulièrement classée meilleure école de santé publique des États-Unis, tandis que l'école de médecine arrive en seconde position, derrière celle de Harvard selon le classement annuel de US News

Recherche sur un vaccin contre le Covid-19

Comme de nombreuses universités prestigieuses de ce type, Johns-Hopkins publie régulièrement des articles. Samedi, elle relayait une interview de deux de ses chercheurs, qui dirigent le laboratoire de recherche dédiée au cancer de l'utérus et qui planchent actuellement sur un potentiel vaccin contre le Covid-19. En affirmant en préambule qu'une telle recherche, avant que le vaccin ne soit même testé sur des patients, peut prendre entre un an et un an et demi. 

Début 2019 toutefois, la justice américaine a accepté d'ouvrir un procès visant l’Université Johns-Hopkins, ainsi que le Rockefeller Center, pour leur rôle dans un programme expérimental mené dans les années 1940 par les États-Unis au Guatemala. Près de 700 cobayes, dont des enfants, s'y étaient vus inoculer la syphilis, afin de tester l'efficacité de la pénicilline contre les maladies sexuellement transmissibles. 

Jules Pecnard