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Coronavirus: les résultats de l'essai Discovery ne seront pas disponibles avant la fin du mois d'avril

Des scientifiques dans un laboratoire lyonnais, le 5 février 2020.

Des scientifiques dans un laboratoire lyonnais, le 5 février 2020. - JEFF PACHOUD / AFP

Lancé le 22 mars, cet essai prévoit de tester quatre traitements, dont l'hydroxychloroquine. La professeure Florence Ader, qui pilote l'essai depuis Lyon, a fait le point dans une vidéo publiée ce mercredi.

"Pour les premiers résultats et des premières tendances, rien ne sera disponible avant au moins la fin du mois", a prévenu mercredi la Pr Florence Ader qui pilote l'essai Discovery, destiné à trouver un anti-viral efficace contre le Covid-19. 

Entre 530 et 540 patients dans l'essai

C'est par une vidéo publiée sur YouTube que l'infectiologue lyonnaise a fait un premier point d'étape de cet essai clinique de grande ampleur, lancé le 22 mars et coordonné par l'Inserm. Il doit tester quatre traitements, dont la controversée hydroxychloroquine, sur 3.200 patients en Europe, dont au moins 800 en France. Uniquement des patients hospitalisés et gravement atteints.

Seize jours après son lancement, entre 530 à 540 patients sont déjà entrés dans l'essai, dans 25 centres hospitaliers en France. Florence Ader n'a pas précisé si des patients européens avaient commencé à l'intégrer.

Quatre traitements potentiels sont testés: l'antiviral remdesivir, l'association lopinavir/ritonavir, ces anti-rétroviraux combinés avec l'interferon beta et l'hydroxychloroquine, dérivé de l'antipaludéen chloroquine. Les anti-viraux ont tous été fournis gracieusement par les différents laboratoires qui les fabriquent, précise encore la Pr Ader. 

Des résultats dans plusieurs semaines

Un autre groupe de patients reçoit des soins standards car "le seul moyen de prouver le bénéfice" d'un traitement, "c'est de le comparer à la seule référence qu'on connaisse", explique-t-elle.

Malgré les attentes très fortes autour de l'essai, pourquoi les premiers résultats ne seront pas disponibles avant plusieurs semaines ? "On considère que pour évaluer les thérapeutiques, le meilleur moment pour savoir s'ils ont eu le bénéfice du traitement, c'est J15" pour chaque patient, répond l'infectiologue.

Donc "pour l'analyse globale des 100, 200, 300 premiers patients et des 300 premiers résultats, il va falloir attendre que chaque patient ait franchi ce cap du 15e jour", ajoute Florence Ader, s'exprimant depuis l'hôpital de la Croix-Rousse des Hospices Civils de Lyon (HCL) où elle pilote l'essai.

C'est un comité indépendant et international qui analysera et compilera ensuite les données brutes récoltées. 

B.R. avec AFP