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Coronavirus: les colis en provenance de Chine peuvent-ils être contaminés?

Un colis (Photo d'illustration)

Un colis (Photo d'illustration) - Flickr - CC Commons - Etolane

Alors que trois premiers cas de coronavirus ont été détectés ce vendredi en France, certains s'interrogent sur le risque de transmission encouru en cas de colis arrivés directement de Chine, berceau de l'épidémie mondiale.

Dans la crainte d'une propagation mondiale du nouveau coronavirus chinois, des mesures de précaution se mettent en place progressivement dans de nombreux pays et aéroports. Ce vendredi, on dénombre 26 personnes morts, plus de 800 personnes contaminées, et trois cas ont été confirmés en France: deux à Paris, et l'autre à Bordeaux. Il s'agit des premiers détectés en Europe.

Pour l'heure, on sait que des cas de contamination interhumaine sont tout à fait possibles, le coronavirus se transmettant "par voie aérienne, par contact direct avec des sécrétions ou par l’intermédiaire d’un objet contaminé", selon les informations de l'institut Pasteur de Lille. Mais y a-t-il un risque que les colis provenant de sites chinois de vente en ligne, tels qu'AliExpress, soient porteurs du virus, et qu'ils le véhiculent à l'homme?

"L'infectiosité d'un virus diminue très rapidement"

"Ce risque est extrêmement faible, pour ne pas dire inexistant", assure le professeur Thomas Baumert, médecin et expert des maladies virales à l'Inserm et au CHU de Strasbourg, interrogé par BFMTV.com. Ce dernier se veut rassurant: "Il n'y a pas de raison de paniquer car l'infectiosité d'un virus diminue très rapidement, elle disparaît quelques heures après que le virus se trouve hors du corps." 

"On ne peut cependant pas l'exclure totalement, car c'est théoriquement toujours possible", nuance le chercheur. "Le virus de l'hépatite, par exemple, peut survivre quelques jours dans un même endroit. Mais pour l'heure, le seul véritable risque tient dans les porteurs humains du virus revenant de Chine. Il n'y a d'ailleurs pas de recommandations d'hygiène particulières concernant les colis en provenance de Chine", souligne ce professeur expert des maladies virales et hépathiques.

Vincent Enouf, chercheur à l’institut Pasteur et responsable adjoint du Centre national de référence des virus respiratoires, n'exclut pas totalement cette possibilité non plus, étant donné qu'"il reste encore beaucoup d’inconnues concernant ce virus". Il assure que "le meilleur mode de transmission d'un virus reste les postillons, les gouttelettes".

Pour se transmettre, "les virus ont besoin d'un hôte"

"On a bien identifié une fois du virus grippal sur des billets! Bon, il s'agissait du génome et non pas du virus vivant... Ce qui est certain, c’est que les virus ne se multiplient pas comme les bactéries: ils ont besoin d’un hôte. S’il fait froid et humide, les virus ont plus de résistance", explique ce chercheur à BFMTV.  "Par exemple, à l'institut Pasteur, nous les conservons à -80°c dans du liquide pour qu'ils survivent. Que le coronavirus résiste sur un colis, cela ne me paraît donc pas sérieux. Sur les poignées de porte et les claviers d’ordinateur, la survie ne dure que quelques minutes", relativise le scientifique spécialiste des virus respiratoires. 

Un avis partagé par la chercheuse de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) Vittoria Colizza, contactée par BFMTV.com. Cette chercheuse au sein de l’Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique estime qu'il est trop tôt pour dire combien de temps le coronavirus pourrait survivre hors d'un corps-hôte, c'est-à-dire sur des surfaces non vivantes.

"Ce virus est encore tout nouveau, et on en sait encore trop peu sur lui et sur les détails de sa transmission. Il nous semble aujourd'hui évident qu'il se transmet d'homme à homme, mais il est difficile de savoir s'il pourrait survivre sur des surfaces non vivantes telles que des colis", conclut-elle.
Jeanne Bulant avec Margaux de Frouville