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Coronavirus: le masque pourrait affaiblir la charge virale chez les patients infectés

Un écriteau "Port du masque obligatoire" à Lille le 20 juillet 2020.

Un écriteau "Port du masque obligatoire" à Lille le 20 juillet 2020. - Denis Charlet

Selon plusieurs travaux, plus la dose infectieuse reçue par un patient est forte, plus les risques que les symptômes soient graves augmentent.

Quel est l’impact du port du masque sur la contamination au coronavirus? Depuis le début de la pandémie en France et dans le reste du monde, cette protection semble être la plus efficace pour se prémunir du Covid-19 et pour circonscrire la maladie, qui se transmet la plupart du temps par aérosol et voie orale.

De fait, son utilisation est désormais obligatoire dans l’ensemble des rues des principales villes de France, et les autorités sanitaires continuent d’insister sur son importance ainsi que celle des gestes barrières.

Depuis maintenant quelques mois, plusieurs équipes scientifiques tentent de comprendre comment le port du masque peut rendre le Covid-19 moins dangeureux.

Quelle charge virale?

Si le dispositif, qu’il soit chirurgical ou en tissu, ne garantit pas une protection absolue, il réduit toutefois largement les risques de contamination en retenant les goutelettes potentiellement contaminées. Mieux, le masque permettrait, selon plusieurs travaux, de réduire la charge virale chez les patients touchés et de fait, chez les cas les plus graves.

Dès mars dernier, une étude chinoise montrait effectivement que les patients atteints de manière grave avaient reçu une charge plus élevée de virus. Des travaux américains publiés dans The Lancet le mois passé soulignent quant à eux que plus cette charge est élevée, plus les chances pour la patient contaminé de mourir le sont également.

Tests sur des furets

Se pose alors la question de la dose infectieuse, c’est-à-dire la quantité de virus suffisante pour contaminer un individu. Plusieurs recherches ont également tenté d’expliquer si cette quantité à laquelle un patient peut être exposé lors de sa contamination joue un rôle ou non.

Comme le souligne un article paru dans le média britannique The Telegraph, aucune certitude n’est avancée, mais plutôt un ensemble de preuves. Selon une étude publiée en et réalisée par des scientifiques britanniques du National Infection Service à Porton Down, la quantité reçue joue bel et bien un rôle important.

Pour comprendre cela, plusieurs furets ont été infectés par le Covid-19 à différentes échelles. Pour ceux dont les doses étaient élevées et moyennes, ils ont souffert de plus ou moins les mêmes maux que les humains. En revanche, les animaux les moins infectés n’ont presque pas été contaminés, ou du moins sans symptômes. Ils ont de fait échappé aux effets de la maladie et aucune fatigue n’a été signalée.

Cette conclusion est d’ailleurs vraie pour d’autres virus. Selon une étude de 2010, il existe une relation forte entre la dose infectieuse de la grippe et l’impact sur les patients.

"Moins susceptibles de tomber gravement malades"

Dans un édito publié dans différents médias américains, Monica Gandhi, médecin spécialiste des maladies infectieuses et professeure de médecine à l'Université de Californie à San Francisco, fait également part de ses conclusions quant au port du masque.

"Dans les endroits où la plupart des gens portaient des masques, ceux qui étaient infectés semblaient considérablement moins susceptibles de tomber gravement malades que les endroits où le port de masque était moins important", explique-t-elle.

Là encore, cette dernière explique que ces cas moins graves s'expliquent par une exposition plus faible au virus.

"Aucun masque n'est parfait et en porter un pourrait ne pas vous empêcher d'être infecté. Mais cela pourrait faire la différence entre un cas de Covid-19 qui vous envoie à l'hôpital et un cas si bénin que vous ne réalisez même pas que vous êtes infecté", conclut-elle.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV