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Coronavirus: la transfusion de plasma de patients guéris testée comme traitement

L'essai clinique Coviplasm va être lancé mardi dans différents hôpitaux de l'AP-HP à Paris. Il consiste à prélever du plasma de patients guéris du Covid-19 et de le transfuser à d'autres patients souffrant de la maladie. Une première évaluation pourra être établie d'ici deux à trois semaines.

Les malades d'hier peuvent-ils venir en aide à ceux d'aujourd'hui? Alors que les résultats des études officielles sur la chloroquine ne sont pas encore connus, un nouvel essai clinique visant à trouver un traitement au Covid-19 va être lancé mardi dans différents hôpitaux de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris AP-HP. Cet essai Coviplasm consiste à prélever du plasma de patients guéris du coronavirus afin de le transfuser à des patients atteints de la maladie.

A partir de mardi, 200 patients, dans trois régions parmi les plus touchées par l'épidémie, l'Ile-de-France, le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté, seront invités à donner leur plasma.

"Ce sont des sujets qui ont fait la pathologie (le covid-19, NDLR), qui ont fait une pathologie clinique certaine, pour lesquels on a des symptômes qui ont été identifiés", détaille sur BFMTV Pascal Morel, président d'Etablissement français du sang (EFS).

60 patients transfusés

L'objectif est donc de recueillir chez ces 200 patients, qui doivent être guéris depuis au moins 14 jours, leur plasma, c'est-à-dire la partie liquide du sang, qui concentre les anticorps formés contre le Covid-19. 60 malades pris en charge dans différents hôpitaux de l'AP-HP participeront à cet essai. La moitié recevra deux unités de ce "plasma-convalescent" au sixième jour après le début des premiers symptômes. Deux autres transfusions seront réalisées 24 heures après les premières, "en l'absence d’événements indésirables aigus et imprévus chez les trois premiers patients", précise l'Inserm et l'EFS.

"Une première évaluation pourra être rendue deux à trois semaines après le début de l'essai clinique. En fonction de l’efficacité du traitement et de l’absence d'apparition d’effets secondaires délétères, l'essai clinique pourra être élargi à un nouveau groupe de patients", conclut l'Inserm et l'EFS.

Des tests aux USA et en Chine

L'organisme va procéder aux prélèvements dans le cadre de cette étude réalisée avec l'Inserm et sous l'égide du professeur Karine Lacombe, cheffe du Service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Saint-Antoine et du professeur Pierre Tiberghien pour l'EFS.

Le plasma de convalescents, partie liquide du sang qui concentre les anticorps après une maladie, s’est déjà avéré efficace, dans des études à petite échelle, contre d’autres maladies infectieuses comme Ebola ou le Sras. L’agence américaine du médicament, la Food and Drug Administration, a donné son feu vert pour tester de tels traitements face au coronavirus. Des tests sont également menés en Chine.

"Il faut bien sûr entretenir l'espoir et il faut être très raisonnable et on a besoin de garantir ce succès", conclut Pascal Morel.
Justine Chevalier