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Coronavirus: inquiétudes d'associations sur la pratique des IVG pendant l'épidémie

Une consultation médicale (photo d'illustration)

Une consultation médicale (photo d'illustration) - Jacques Demarthon - AFP

Des associations craignent que l'épidémie de coronavirus entrave l'accès aux centres qui pratiquent l'IVG. Le gouvernement assure que "leur continuité doit être assurée".

La crise épidémique peut-elle entraîner des difficultés d'accès aux centres pratiquant l'interruption volontaire de grossesse (IVG)? C'est la crainte de plusieurs associations défendant le droit à l'avortement.

"Certains établissements hospitaliers et certains centres de planification n'assurent plus leurs missions dans ce domaine", s'est ému dans un communiqué un collectif regroupant notamment la Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception (Cadac), le Planning familial et de nombreuses organisations féministes.

Selon ce collectif, l'accès à l'IVG "instrumentale" est entravé par "la fermeture des créneaux de bloc opératoire", mais aussi par le manque de matériel de protection pour le personnel d'accueil et soignant.

"Une IVG, ça ne peut pas attendre"

Avec la crise du coronavirus, "tout le système de santé est réorganisé. Or, une IVG, ça ne peut pas attendre", a expliqué lundi à l'AFP la gynécologue Danielle Gaudry, militante au Planning familial.

Certains centres pratiquant des IVG médicamenteuses "ont fermé leurs portes pour protéger leurs salariés", ce qui conduit les femmes souhaitant interrompre leur grossesse à se tourner vers des services hospitaliers, selon elle.

En outre, de nombreuses femmes qui appellent le numéro vert du Planning familial (le 0800.08.11.11) pour se renseigner en vue d'une IVG "ont peur de se rendre à l'hôpital, à cause du virus", raconte à l'AFP une écoutante du service, basée à Bordeaux. "Nous les rassurons, en leur expliquant que ce ne sont pas les mêmes services hospitaliers qui gèrent les avortements et les malades du Covid-19".

Un allongement des délais demandé

Les militantes s'inquiètent du risque que ces difficultés nouvelles entraînent des délais d'attente, et que certaines femmes se retrouvent ainsi hors du délai légal pour avorter. Délai qui devrait en conséquence être "allongé du nombre de semaines que durera le confinement", plaide le collectif.

La semaine dernière, un amendement en ce sens, déposé notamment par l'ancienne ministre socialiste des Droits des femmes Laurence Rossignol, a été rejeté au Sénat.

La continuité des IVG "doit être assurée"

Mme Rossignol a fait part sur Twitter de son agacement: "On accepte de déroger au code du travail pour s'adapter à la crise sanitaire, alors qu'on estime impensable d'aménager la loi sur l'avortement pour assurer les IVG", a-t-elle commenté. 

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, et la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, ont tenté lundi de rassurer: les IVG "sont considérées comme des interventions urgentes", et leur "continuité doit être assurée". Le gouvernement veillera à ce que "le droit des femmes à disposer de leur corps ne soit pas remis en cause", ont-ils assuré.

B.P., avec AFP