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Coronavirus: faut-il porter un masque en extérieur?

La liste des lieux où le masque est obligatoire a été allongée à cause de "signes inquiétants" de reprise de l'épidémie

La liste des lieux où le masque est obligatoire a été allongée à cause de "signes inquiétants" de reprise de l'épidémie - DENIS CHARLET © 2019 AFP

Dans la communauté scientifique, la question de l'utilité du masque en extérieur fait débat. Pour cause, la transmission par l'air du Covid-19 n'a pas été établie avec assurance pour le moment.

Alors que le port du masque est désormais obligatoire dans les lieux publics clos, de nombreuses personnes le retirent sitôt de retour dans la rue. Dans les parcs, les jardins, et les plages, il semble aussi aux abonnés absents. Est-il cependant conseillé de le porter en extérieur? BFMTV.com fait le point.

A l'annonce du déconfinement, l'ancien Premier ministre, Edouard Philippe, avait jugé que "dans ce contexte là, le masque n'est pas utile". "Lorsque vous vous promenez seul dans la rue ou à la campagne, le masque n'a pas d'intérêt immédiat", avait-il affirmé.

Un débat parmi la communauté scientifique

Dans la communauté scientifique, la question de l'utilité du masque en extérieur fait pourtant débat. Pour cause, la transmission par l'air du Covid-19 n'a pour le moment pas été établie avec assurance, la durée de vie du virus à l'air libre posant toujours question.

Certains médecins appellent à opter pour le principe de précaution. Sur CNews, le 11 mai dernier, Yves Buisson, directeur du groupe Covid-19 de l'Académie nationale de médecine appelait ainsi à imposer le masque partout, rappelant que "si tout le monde se couvre le nez et la bouche avec un masque, (...) on réduit la transmission de façon considérable."

L'importance de la distanciation sociale

D'autres, à l'instar de Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins de France, considèrent qu'il faut avant tout respecter la distanciation sociale, mais estime que le masque n'est pas nécessaire lorsque l'on est dehors.

"La plage, par exemple, n'est pas un lieu confiné. si vous respectez bien les distances, ça va", rassurait-il sur notre antenne. "Il y a de l'air, les goutelettes sont baladées par le vent donc il y a assez peu de risques d'être contaminé sauf si vous vous collez les uns aux autres."

Une position partagée par Eric Caumes, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales à La Pitié-Salpétrière, interrogé lundi sur France Inter. "Je distingue les lieux clos et les lieux ouverts. Dans les lieux clos, on doit être d'une vigilance extrême. Par contre, dans les lieux ouverts, on peut relâcher la vigilance à partir du moment où on respecte la distanciation physique", explique t-il.

"Tout est une question d'équilibre entre recommencer à vivre et rester en sécurité", abonde encore Renaud Piarroux, chef du service parasitologie; mycologie à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, AP-HP. "Si on met des barrières extrêmement fortes, elles ne seront pas viables longtemps."

Des risques lors des rassemblements?

Qu'en est-il des grands rassemblements extérieurs? Quelques jours après le déconfinement, les images des foules regroupées sur les pelouses des Invalides puis autour du canal Saint-Martin le soir de la Fête de la musique, sans masque et sans respect des gestes barrières, avaient vivement fait réagir sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes craignant une émergence de nouveaux cas de coronavirus.

"Oui, il y a un risque de création de clusters lors de ces rassemblements en plein air, qui restent déconseillés", avait confirmé Jean-François Doussin, maître de conférences à l’université Paris-Est Créteil à 20 Minutes. "Quand on participe à l’un de ces rassemblements et qu’un de nos postillons tombe dans le verre d’un voisin, la contamination est possible. Et la probabilité de recevoir un postillon contaminant augmente avec le temps de présence."

Dans les faits, aucun cluster n’a été observé après ces rassemblements.

Des décisions locales

Face à la recrudescence de certains cas, certaines régions ont cependant décidé d'aller à l'encontre de la position du gouvernement et d'imposer le masque dans des espaces extérieurs. La Préfecture du Finistère a ainsi imposé le port du masque obligatoire sur les marchés de plusieurs communes. Le non-respect de ces mesures est passible d’une contravention de 135 €.

En avril, le maire de Sceaux avait lui aussi souhaité rendre le port du masque obligatoire dans la rue. Son arrêté avait cependant été suspendu sur décision du Conseil d'Etat.

Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV