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Coronavirus: Didier Raoult se déclare "très réservé" sur le confinement

L'infectiologue marseillais estime que la mesure de confinement généralisé de la population s'apparente davantage à une mesure politique que scientifique.

Faudrait-il à nouveau confiner la population française en cas de seconde vague de l'épidémie de coronavirus? Invité ce jeudi matin de BFMTV-RMC, le professeur Didier Raoult a fait part de sa réserve sur cette mesure, appliquée pendant près de deux mois en France, entre le 17 mars et le 11 mai.

"Sur le confinement, je suis très réservé parce que le confinement est une mesure politique et qu'en tant que tels, les facteurs qui déterminent que l'on va confiner ou ne pas confiner ne sont pas des facteurs scientifiques et médicaux. (...) La démonstration que le confinement généralisé permet de mieux maîtriser l'affection n'est pas claire", a estimé l'infectiologue marseillais.

Pour Didier Raoult, farouche défenseur de l'hydroxycholoroquine comme traitement au Covid-19, un remède controversé pour cette maladie, il est "possible" que le confinement ait sauvé des vies en France. "Je n'en sais rien", a toutefois ajouté le dirigeant de l'Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection.

"Je ne sais pas si (les politiques) ont cédé à la peur"

Le microbiologiste a également fustigé la "peur panique" en établissant une comparaison entre la crise sanitaire et la Seconde Guerre mondiale:

"Le désastre de 40, la panique de 40, en juin 40, a fait que les deux tiers des Parisiens sont partis sur la route et qu'il y a eu 100.000 morts dans la débâcle, plus que les 58.000 soldats qui étaient morts jusqu'à ce moment-là. Et donc la peur panique a des conséquences qui sont dramatiques, et ça c'est la gestion du politique", a poursuivi le médecin.

"Je ne sais pas s'ils ont cédé à la peur ou géré la peur, je n'en sais rien", a également estimé Didier Raoult à l'égard des dirigeants politiques. Pour lui, "les choses sont parties sur une surréaction au départ chinoise. (...) Il y a eu une surréaction par rapport à l'épisode épidémique précédent où la Chine avait été accusée de dissimuler le début de l'épidémie du SRAS", analyse le microbiologiste. "Les choses ont commencé à affoler la planète avant même qu'il y ait des cas en dehors de Chine, et donc ici il y a eu effectivement une espèce d'excitation autour de ce domaine-là".

Clarisse Martin Journaliste BFMTV