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Coronavirus: ces villes qui pourraient basculer en alerte maximale ce jeudi

La France s'achemine vers de nouvelles restrictions. Plusieurs métropoles françaises pourraient passer en zone d'alerte maximale à partir de jeudi, a laissé entendre l'exécutif ce mercredi.

Le chef de l'État avait prévenu, lors de sa prise de parole télévisée ce mercredi soir, que les zones les plus touchées pourraient être soumises à "de nouvelles restrictions", l'épidémie de Covid-19 continuant "de monter" sur le territoire national.

Lors de son point épidémiologique hebdomadaire, le ministre de la Santé Olivier Véran devrait annoncer jeudi en fin de journée le passage de nouvelles villes en zone d'alerte maximale, a-t-on appris ce mercredi de sources proches de l'exécutif. "Cela restera cependant dans la lignée de ce qui a été fait ces dernières semaines, et il n'est pas prévu d'important tour de vis sanitaire", selon nos informations.

Théoriquement, une région peut passer en zone d'alerte maximale à partir du moment où le taux d'incidence du virus est supérieur à 250 cas pour 100.000 habitants, où celui des personnes âgées est à 100 pour 100.000 habitants, et où plus de 30% des lits en réanimation sont occupés par des patients Covid-19.

Il y a une semaine, le ministre de la Santé Olivier Véran avait déjà pointé cinq métropoles, Lille, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne et Toulouse, avec une évolution "très préoccupante", brandissant la menace d'un durcissement des mesures prises pour freiner l'avancée du virus.

Cinq métropoles dans le viseur

À Lille, Lyon, Grenoble ou encore Saint-Etienne, les indicateurs sont désormais extrêmement proches des critères qui pourraient les faire basculer en zone d'alerte maximale. À Lille par exemple, le taux d'incidence est de 295 ce mercredi selon nos informations, bien au-delà du seuil d'alerte de 250. Il est de 270 pour les personnes âgées de plus de 65 ans, et le taux d'occupation des lits en réanimation par des patients Covid fixé comme seuile est en passe d'être atteint.

À Saint-Etienne, le taux d'incidence est aux alentours de 300 ce mercredi selon nos informations, et à 187 pour les personnes âgées. Selon nos calculs, le taux d'occupation des lits en réanimation dépasse aussi les 30%.

Pour le professeur Jean-Paul Stahl, infectiologue au CHU de la ville interrogé sur BFMTV ce mercredi soir, "c'est incontestable": il faut durcir les mesures de restriction à Grenoble. "Le virus circule, et il circule abondamment", a-t-il rappelé sur notre antenne. Selon nos informations, le taux d'incidence est de 280 dans cette ville de Rhône-Alpes et celui-ci est de 118 chez les personnes de plus de 65 ans. Le taux d'occupation des lits en réanimation dépasse là encore les 30%.

À Lyon le taux d'incidence s'élève à 245 ce mercredi, et à 146 pour les personnes de plus de 65 ans; et le taux d'occupation des lits en réanimation dépasse aussi les 30%. Et à Toulouse, toujours selon nos informations, le taux d'incidence est de 225 ce mercredi, et de 123 chez les personnes âgées. Le taux d'occupation des lits en réanimation par des patients Covid, lui, est de 28% dans la région Occitanie.

Quel type de restrictions?

Le chef de l'Etat a toutefois exclu une nouvelle limitation des déplacements: "la stratégie qu'on a retenue n'est pas celle-ci, elle est de responsabiliser nos citoyens: nous ne sommes pas, et nous ne serons pas pour plusieurs mois dans un temps normal", a-t-il expliqué lors de son passage télévisé.

18.746 nouveaux cas de contamination par le coronavirus ont été détectés au cours des dernières 24 heures, selon Santé publique France, un record depuis l'utilisation de tests à grande échelle. Le taux de positivité des tests (proportion des personnes positives sur l'ensemble des personnes testées) continue sa progression, à 9,1%, contre environ 4,5% il y a un mois. "Le virus circule plus vite depuis plusieurs semaines", a souligné Emmanuel Macron.

Caroline Dieudonné et Jeanne Bulant