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Coronavirus: la ministre Annick Girardin "réservée" sur un reconfinement de la Guyane

Pour la ministre des Outre-mer, un reconfinement de la population locale est "une mesure lourde de sens, avec un coût social qui ne doit pas être sous estimé."

La situation sanitaire est toujours délicate en Guyane. Depuis maintenant plusieurs jours, le coronavirus y connait une brusque accélération, Une augmentation des cas prise au sérieux avec des mesures de confinement localisées, de couvre-feux ainsi que l’arrivée et le déploiement de renforts. 

"Mesure lourde de sens"

A Cayenne ce mercredi, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a toutefois émis des réserves sur un "reconfinement" de cette région d'outre-mer.

Le "reconfinement" de la Guyane "est la mesure qui nous permettrait de freiner le plus fortement la progression du virus à condition que la population l'accepte et le mette en œuvre, ce qui n'est pas certain", a-t-elle argué devant la presse.

"C'est aussi une mesure lourde de sens, avec un coût social qui ne doit pas être sous estimé", a ajouté Annick Girardin, suite à l'annonce faite dimanche par Matignon d'un "hypothétique reconfinement", fortement désapprouvé par la majorité des élus locaux et du monde économique et social.

"Si les signes d'une accélération du virus persistent, l'hypothèse d'un reconfinement devra être réexaminée", a toutefois prévenu la ministre, pour qui "il est encore temps d'éviter ce scénario."

2827 cas confirmés

Selon la ministre, la Guyane connaît une "nette accélération de la circulation du virus" "principalement" à Kourou, Cayenne Rémire-Montjoly et Matoury.

Le "pic de l'épidémie", dans ce territoire de 300.000 habitants sous état d'urgence sanitaire jusqu'à octobre est annoncé pour "la mi-juillet", a confirmé la ministre.

L'Agence régionale de Santé (ARS) recensait mercredi 2827 cas confirmés, 103 hospitalisations, 15 patients en réanimation et 9 décès. Sur les dernières 24 heures, une mort et 234 nouveaux cas (sur 772 tests) supplémentaires ont été enregistrés. Les deux premières évacuations sanitaires en Guadeloupe ont aussi été menées.

"Appel solennel aux soignants et hôpitaux"

Face à l'épuisement et au manque de forces vives, Annick Girardin a également lancé un "appel solennel aux soignants et hôpitaux" français. "Nous avons besoin de très nombreux volontaires, dans la durée" a-t-elle urgé.

Pour freiner l'épidémie, la ministre a annoncé l'envoi de renforts humains et matériels, dont un hôpital de campagne à Cayenne pour les cas non-Covid. Elle a aussi appelé les Guyanais a respecter fortement les gestes barrières et le port du masque, évoqué le besoin de renforts en "forces de l'ordre" et invité le préfet à "renforcer" dès jeudi, les couvre-feux déjà en vigueur.

Au cours de son déplacement, Annick Girardin a été virulemment interpellée, mercredi, par des membres d'un "front commun" composé des principales forces militantes et politiques à l'origine du grand mouvement social 2017, qui avait secoué le territoire en mars 2017 avant un accord avec le gouvernement.

Ce "front commun" réclame des mesures supplémentaires, notamment un dépistage de l'ensemble de la population et l'installation d'un hôpital de campagne pour les cas Covid+ au plus près de la frontière brésilienne, à Saint-Georges de l'Oyapock.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier avec AFP Journaliste BFMTV