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Confinement: Paris, ville fantôme

La ville de Paris, comme le reste de la France, est confinée depuis le mardi 17 mars.

La ville de Paris, comme le reste de la France, est confinée depuis le mardi 17 mars. - Martin Bureau - AFP

Malgré l'arrivée des beaux jours, la ville de Paris est confinée, et ses activités en berne.

Berges de Seine fermées, Montmartre vidée, grandes artères exsangues... La vie dans les rues parisiennes a connu un coup d'arrêt au premier week-end de confinement contre la propagation du coronavirus, à l'exception des commerces autorisés, dernières poches d'activité visibles.

La Place de la République et son ballet quotidien de skatteurs, vélos et autres promeneurs s'est transformée en grande dalle vide, parfois perturbée par des passants, alpagués par les policiers leur demandant leur attestation de déplacement dérogatoire.

"Distanciation sociale"

"D'habitude, le week-end avec ma copine, on va voir des amis, on mange dehors, on sort dans des bars, on se balade sur les quais... On aime bien passer notre week-end dehors", raconte Charles Colle. Ce samedi, ce sera lecture, films et cuisine.
"On fait des plats plus élaborés, d'habitude, on est moins créatifs", poursuit le jeune homme. "Hier j'ai fait un curry vert, là je vais préparer un ragoût à base de porc", détaille-t-il alors qu'il s'apprête à aller faire ses courses. 

Les enseignes alimentaires, autorisées à rester ouvertes, constituent les principales poches de vie extérieure restantes dans la capitale. Les habitants s'y dirigent, le pas plus ou moins pressé, certains portant des masques et en ayant en tête la "distanciation sociale" de vigueur en temps de propagation du virus. Avec la règle du mètre de distance à respecter entre chaque personne, certaines files d'attente atteignent des dizaines de mètres.

Grand calme aux Champs-Elysées

Autour des Buttes-Chaumont, des dizaines de jogggeurs courent le long des grilles du parc fermé. Entre les coureurs, Richard, 55 ans, impassible, poursuit sa séance de Tai-Chi: "normalement, je la fais plusieurs fois par semaine dans le parc mais je ne peux plus, donc j'essaye de m'en rapprocher le plus possible pour garder l'ambiance des Buttes et sa nature", poursuit-il, son attestation dans la poche.

Les lieux plus touristiques de la capitale sont aussi à l'arrêt. Les Champs-Elysées affichaient un grand calme samedi à la mi-journée et les berges de Seine, fermées pour le week-end, étaient totalement désertées.

Un mal pour un bien

Le calme plat ressenti sur les grandes artères de la ville tranche avec les bruits habituels de circulation et de vie sociale animée.

Si la plupart des habitants ont dû se contraindre à changer drastiquement leurs habitudes, certains y voient des bons côtés. Pour François, retraité et habitant de Montmartre, "ça a quelques avantages. Je retrouve mon quartier, vidé de ses touristes, du jamais vu. C'est calme et agréable".

Domitille Lehman, avec AFP