BFMTV

Comment éviter les intoxications au monoxyde de carbone

-

- - -

Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz asphyxiant indétectable dont la présence résulte d’une combustion incomplète, quel que soit le combustible utilisé. Il demeure une cause de mortalité et d’hospitalisation importante: chaque année, des milliers de personnes sont victimes d'une intoxication, majoritairement dans les logements.

Chaque année au cours de la saison de chauffe, d’octobre à mars, des milliers de personnes sont victimes d’une intoxication au monoxyde de carbone, première cause de mortalité par toxique en France. A l'arrivée de cette période à risque, l'Agence régionale de santé (ARS) de Bretagne fait savoir qu'entre le 1er septembre 2016 et le 31 mars 2017, 3554 personnes en France ont ainsi été intoxiquées - dont 145 dans cette région.

Parmi elles, les données de l'agence Santé Publique France indiquent que 2295 personnes ont été prises en charge par un service d’urgence hospitalier. "Au cours de la période de chauffe 2016-2017, le nombre de signalements d’intoxication a augmenté de 24% par rapport à la saison précédente, principalement en raison de pics du nombre d’intoxications pendant les périodes les plus froides de l’hiver", souligne-t-elle.

Celle-ci ajoute: "Lors de la vague de froid du 16 au 22 janvier 2017, 77 signalements d’intoxication ont été déclarés alors qu’en moyenne, 45 signalements hebdomadaires ont été transmis au cours des mois de décembre 2016-février 2017." Les principales circonstances d’intoxication au CO sont associées à des appareils de chauffage ou de production d’eau chaude à combustion mal entretenus ou mal installés.

Quelques minutes d'exposition suffisent

Des défauts d’entretien ou d’installation des conduits d’évacuation, dans des locaux insuffisamment aérés, sont aussi fréquemment observés. Par ailleurs, "une intoxication sur quatre est due à un appareil non raccordé, le plus souvent utilisé de manière inappropriée: un chauffage mobile d’appoint utilisé de façon prolongée, un groupe électrogène ou un barbecue fonctionnant dans un espace clos", ajoute l'ARS Bretagne. Il n'est ainsi pas rare que des intoxications collectives soient observées dans des lieux publics.

Le monoxyde de carbone est un gaz incolore et inodore qui se diffuse très vite dans l’environnement. Il agit comme un gaz asphyxiant très toxique qui, absorbé en quelques minutes, se fixe sur l’hémoglobine et les symptômes (maux de tête, fatigue, nausées) apparaissent rapidement au risque de conduire au coma et à la mort. Il est donc important d’agir très vite en aérant les locaux, en arrêtant si possible les appareils à combustion avant d'évacuer les lieux et d'appeler les secours.

"La prise en charge des personnes intoxiquées doit intervenir rapidement, dès les premiers symptômes, et peut nécessiter une hospitalisation spécialisée", précise le ministère de la Santé. Pour limiter les risques, il est conseillé de faire systématiquement vérifier et entretenir les installations de chauffage, de production d’eau chaude et les conduits de fumée (ramonage) par un professionnel qualifié avant chaque hiver.

Des appareils à utiliser avec précaution

Des bons gestes doivent aussi être adoptés comme le fait d'aérer tous les jours son intérieur pendant au moins dix minutes même quand il fait froid, de maintenir les systèmes de ventilation en bon état de fonctionnement et de ne jamais boucher les entrées et sorties d’air. Il est aussi très important de bien respecter les consignes d’utilisation des appareils utilisant des combustibles (gaz naturel, bois, charbon, fuel, butane, propane, essence, pétrole etc.).

Il convient ainsi de "ne jamais faire fonctionner les chauffages d’appoint en continu, de placer les groupes électrogènes à l’extérieur des bâtiments et de ne jamais se chauffer avec des appareils non destinés à cet usage: cuisinière, brasero, barbecue", recommande le ministère de la Santé. Enfin, toute personne ayant eu connaissance d'une telle intoxication, suspectée ou avérée, est invitée à la signaler à une Agence régionale de santé ou au Centre antipoison et de toxicovigilance (CAPTV).

Alexandra Bresson