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CHU de Nantes: mort suspecte de trois patients sous chimiothérapie

Quatre malades ont subi de graves complications après avoir été soignés par chimiothérapie au centre hospitalier de Nantes. Trois d'entre eux sont morts dans des conditions suspectes. Un cinquième est sorti de réanimation où il avait été admis par précaution.

Trois patients, affectés au CHU de Nantes et suivis pour une auto-greffe de la moelle épinière suite à une chimiothérapie, sont morts après des "complications graves". Ces patients recevaient normalement un médicament, le Melphalan. Mais des problèmes d'approvisionnement, récurrents en Europe, ont contraint le centre hospitalier à le remplacer par le Cyclophosphamide.

Dans son communiqué, la direction générale de la santé n'établit pas de lien direct avec ces complications graves, et assure que l'administration de ce médicament n'a rien d'exceptionnel.

"Il a été utilisé pendant des années pour la prise en charge des lymphomes. Il est actuellement utilisé par d'autres établissements en France, dans le même contexte, sans que de telles complications aient été rapportées", explique-t-elle.

Deux patients encore hospitalisés à Nantes

Benoit Vallet, le directeur général de la santé, estime également que d'autres facteurs peuvent être à l'origine de ces morts. "Cela peut être des causes virales, qui se seraient présentées pour des patients qui auraient été très proches et pour lesquels il aurait pu y avoir un passage entre eux", avance-t-il.

Les complications sont survenues "chez quatre patients adultes atteints de lymphome au CHU de Nantes entre le 10 et le 13 novembre" et "trois d'entre eux sont décédés le 10, le 12 et le 13 novembre". "Le quatrième patient est toujours hospitalisé au CHU de Nantes". Mais il a été extubé, selon Benoit Vallet.

En début d'après-midi, BFMTV apprenait qu'un cinquième patient traité avec le même médicament était, lui aussi, en réanimation. Il n'y est resté que quelques heures.

Marisol Touraine a saisi l'Igas

Après ces trois décès, la ministre de la Santé Marisol Touraine a décidé de saisir l'Inspection générale des Affaires sociales (Igas) pour déterminer "les causes exactes de ces complications grave, ainsi que sur l'organisation, les moyens et les conditions de réalisation de cette chimiothérapie".

Le traitement par cyclosphosphamide, souligne le ministère, "est validé par la communauté médicale" et il a été "utilisé pendant des années pour la prise en charge des lymphomes". "Il est actuellement utilisé par d'autres établissements en France, dans le même contexte, sans que de telles complications aient été rapportées", ajoute-t-il.

L'agence du médicament mène également une enquête, dont les résultats devraient être connus d'ici une semaine.

F. H.