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Châteauroux: colère après le suicide d'un médecin à l'hôpital

Personnels soignants à l'hôpital de Châteauroux après le drame.

Personnels soignants à l'hôpital de Châteauroux après le drame. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Une anesthésiste s'est donné la mort dimanche à l'hôpital de Châteauroux, après une très longue garde. Ses collègues, "traumatisés", pointent du doigt les conditions d'exercice et interpellent les pouvoirs publics.

Elle n'a laissé de mot ni chez elle, ni à l'hôpital. Mais le fait que Simona, une anesthésiste de l'hôpital de Chateauroux, se soit donné la mort dimanche sur son lieu de travail après une semaine de 78 heures d'activité interpelle ses collègues.

Selon les premières conclusions de l'enquête, ce médecin de 37 ans était bien intégrée dans son équipe et n'avait manifesté aucun signe de dépression. "Il y avait des problèmes personnels, mais cela n'explique pas son geste", témoigne Anne-Marie Cardi, qui travaillait comme infirmière-anesthésiste aux côtés du médecin. "Mais ici, c'est dur. Elle avait beaucoup travaillé, on travaille tous beaucoup et on est en sous-effectif..."

Médecins et infirmières s'alarment tous de la suractivité et du stress engendré au sein de l'hôpital. Avant la mort du médecin, huit anesthésistes travaillaient à temps plein. Pour le personnel, il en faudrait dix.

Le ministère interpellé

Depuis le drame, un dialogue a donc été engagé avec la direction. "Il va y avoir un CHSCT [comité d'hygiène, de sécurité et des conditons de travail, ndlr] exceptionnel pour discuter de ce qui va pouvoir être engagé dans l'établissement à court, moyen et long terme, et essayer de comprendre comment le médecin a pu en arriver à cette extrêmité", indique Lionel Desmots, directeur général du CHU de Châteauroux.

Les médecins de Châteauroux ont également interpellé le ministère de la Santé pour aider l'hôpital à recruter plus de personnel. D'autant que le phénomène ne leur est pas circonscrit: après le drame, l'Ordre des médecins a également "interpellé l'ensemble du corps médical et les pouvoirs publics sur les nécessaires prises en charge des difficultés d'exercice des médecins à l'hôpital".

Les médecins plus exposés au suicide

Selon les chiffres d'un collectif de médecins, l'Union française pour une médecine libre, le taux de suicide des médecins est près de 2,5 fois plus élevé que celuie de la population globale. Et le problème du burn-out serait directement responsable chaque année de 40 suicides de médecins.

M. T. avec Cécile Danré