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Charte "cancer et emploi": sept nouvelles entreprises s'engagent

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De nouvelles entreprises ont accepté de signer la charte d'engagement de l'Institut national du cancer pour mettre en place une véritable démarche pour le maintien et le retour en emploi des personnes atteintes de cette maladie. Il s’agit de la deuxième vague de signatures après celle intervenue au mois de mai dernier juste après son élaboration.

Sur les 1 000 nouveaux cas de cancers diagnostiqués chaque jour en France, 400 concernent des personnes en activité professionnelle. L'institut national du cancer (Inca) estime que trois millions de personnes vivent avec ou après un cancer. Des personnes qui, outre le combat contre cette maladie, doivent aussi pouvoir se réintégrer socialement notamment au niveau de la vie professionnelle.

Mais si l’amélioration de la qualité des soins (dépistage plus précoce, apparition de traitements plus performants, meilleure prise en charge médicale) allonge la vie des malades, le retour à l'emploi demeure une problématique souvent mal anticipée par les managers et les salariés. C'est pourquoi l'Inca a élaboré en mai dernier une charte de bonnes pratiques qui propose 11 engagements pour améliorer leur accompagnement dans ce cadre.

Son but: "proposer aux entreprises des principes opérationnels pour mettre en place une démarche cohérente pour le maintien et le retour en emploi des personnes atteintes de cancer.", explique-t-il. En la signant, les organismes publics ou privés (entreprises et collectivités) marquent ainsi leur volonté "de mettre en place une démarche collective d’accompagnement de leurs salariés, afin de faciliter au mieux leur retour."

Une vingtaine d'entreprises au total

Les premiers signataires ont été l'AFNOR, l'Association nationale des directeurs des ressources humaines, Bordeaux Métropole, Carrefour, Groupe Casino, Disneyland Paris, Fermiers du Sud-Ouest groupe Maïsadour, l'Institut national du cancer, la Mutualité Française et Sanofi. L'Inca vient d'annoncer qu'ils ont été ont été rejoints par sept nouveaux membres: l’Agence de service et de paiement, BNP Paribas, le groupe Radiall, Janssen France, les laboratoires Bio Mérieux, la Maison Chancerelle et Malakoff Médéric.

"Désormais, ce sont 17 entreprises et collectivités territoriales qui se sont engagées afin d'adopter un nouveau regard sur le cancer au travail.", précise l'Inca. Dans la présentation du document, ses experts précisent l'avantage que retirent les entreprises à le signer. En effet, l'apparition du cancer touche le cœur d'une organisation puisque la maladie est souvent associée à un risque d’incapacité professionnelle, de limitation et d’absentéisme.

L’entreprise doit donc s’adapter, réorganiser la charge de travail, remplacer la personne malade et, tout en ignorant la durée de son absence, prévoir son retour et lui aménager une place tenant compte de son état de santé. Or, "les études scientifiques démontrent que l’aménagement des conditions de travail et la réorganisation sur un plan ergonomique sont un levier important pour renforcer le dialogue social et faire le lien entre organisation et performance.", ajoute l'Inca.

Accompagner les salariés, former les parties prenantes

La charte est structurée autour de quatre axes: accompagner le salarié dans le maintien et le retour en emploi, former et informer les parties prenantes de l’organisation, promouvoir la santé, et évaluer et partager. Il s'agit par exemple de former les référents aux entretiens de retour à l’emploi et à l’accompagnement des managers, de sensibiliser le salarié sur l’intérêt de la visite de pré-reprise pour étudier son nouveau projet professionnel ou encore de diffuser auprès des salariés des outils d’information et de promotion de la santé.

L'entreprise doit aussi établir un bilan annuel car le suivi de ses actions permettra de faire le point sur ces bonnes pratiques. "Cette deuxième vague de signatures montre à quel point les entreprises commencent à se saisir du sujet. De nouvelles entreprises s’engagent, affirmant ainsi leur volonté d’adopter un nouveau regard sur le cancer au travail et d’améliorer leurs pratiques. Nous espérons que cette prise de conscience va continuer et s’amplifier.", fait savoir Thierry Breton, Directeur général de l'Inca.

L'organisme n'est pas le seul organisme à travailler sur cette problématique puisque la Ligue contre le cancer vient en effet d'ouvrir une plateforme "Emploi et cancer" dans laquelle les personnes malades pourront témoigner de leurs difficultés, obtenir des réponses à leurs questions liées à leur retour à l’emploi et être orientées vers les services et acteurs compétents. Elle met également à disposition des entreprises un programme appelé PACTE de sensibilisation de leurs managers, de leurs collaborateurs et de leurs salariés.

Alexandra Bresson