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Charlie Sheen fait partie d'un essai clinique pour un médicament contre le sida

En 2013, 35 millions de personnes vivaient avec le virus et 1,5 millions sont mortes du sida.

En 2013, 35 millions de personnes vivaient avec le virus et 1,5 millions sont mortes du sida. - iStock

Pratiquement un an après avoir reconnu publiquement sa séropositivité, l’acteur Charlie Sheen confie faire partie d’une étude médicale pour tester un nouveau médicament, le Pro 140, destiné à empêcher le VIH d'envahir les cellules saines de l'organisme.

Depuis qu'il a annoncé publiquement être atteint du sida en novembre 2015, Charlie Sheen n'hésite pas à prendre la parole dans les médias pour évoquer son combat contre la maladie. Ce dernier, diagnostiquée positif au VIH en 2011, expliquait par exemple qu'il a beaucoup de mal à supporter son traitement, qui lui cause d'importants effets secondaires comme des migraines ou des problèmes d'estomac et de foie.

Mais ce dernier a récemment confié au Magazine The Hollywood Reporter qu'il allait beaucoup mieux ces derniers temps, grâce à un nouveau traitement expérimental. L'acteur américain participe depuis 24 semaines à une étude clinique destinée à tester un médicament qui s'apprête à être autorisé sur le marché aux Etats-Unis par la Food and Drug Administration (FDA).

"Ça s’ap­pelle Pro 140, de la compa­gnie CYtoDyn. Ça va complè­te­ment chan­ger la donne. Il n’y a pas d’ef­fets secon­daires. Aucun. C’est une piqûre par semaine au lieu de plein de pilules toxiques chaque jour. C’est ce qui se rapproche le plus d’un trai­te­ment à ce jour. On peut vivre normale­ment. On peut même se faire la piqûre nous-même.", explique-t-il au magazine.

Un traitement "qui va donner de l'espoir"

Selon l'Inserm*, "le VIH est un rétrovirus qui colonise des cellules immunitaires de son hôte, principalement les lymphocytes T CD4+. C’est pour lui le moyen de se répliquer et de se diffuser dans l’organisme. Dès son entrée chez un individu, il s’accumule dans ces cellules et forme en quelques jours, voire quelques heures, des réservoirs de virus dormants. Ces réservoirs persistent à vie".

Le Pro 140 est un anticorps de laboratoire qui agit en bloquant un récepteur précis présent sur ces cellules immunitaires, pour ainsi prévenir l'infection des cellules saines par le VIH. 

"Les autres traitements me permettaient de rester en vie, c'est sûr, mais cela avait des effets hideux. Le Pro 140 représente le futur des traitements pour cette maladie. Je suis très heureux d'en faire partie. Cela ne me gêne pas du tout d'en parler car ça va donner de l'espoir à beaucoup de personnes", conclut l'acteur.

Des résultats prometteurs mais...

Sur ce sujet, la revue médicale spécialisée Cochrane précise dans un avis que "des preuves limitées issues de trois petits essais suggèrent que le PRO 140 pourrait présenter, à court terme, une activité antivirale puissante, dose-dépendante et hautement significative".

Mais bien que ce médicament fasse l'objet d'un processus d'approbation par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, "des essais randomisés contrôlés (ERC) en double aveugle à plus grande échelle et à plus long terme sont nécessaires afin d'obtenir des preuves concluantes", conclut-elle.

Actuellement, le traitement de référence contre le sida demeure la trithérapie, une thérapie antirétrovirale qui consiste à associer trois médicaments antirétroviraux (ARV), voire plus. Elle ne guérit pas l’infection, mais empêche la réplication du virus dans l’organisme et permet au système immunitaire de se renforcer.

*Institut national de la santé et de la recherche médicale

Alexandra Bresson