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Cancer du sein: le sport, une thérapie de soutien efficace

L’activité physique permet de lutter contre les séquelles liées aux traitements d'un cancer.

L’activité physique permet de lutter contre les séquelles liées aux traitements d'un cancer. - iStock - dolgachov

Une vaste analyse britannique confirme les bénéfices de l'activité physique à tous les stades de la maladie et notamment en cours de traitement. Mais sur certains effets secondaires seulement.

De nombreuses études scientifiques l'ont montré: les femmes actives physiquement ont moins de risques de développer un jour un cancer du sein et limitent leurs risques de récidive. Mais qu'en est-il pendant la maladie? Le sport est-il utile en complément des traitements que sont la chimiothérapie et la radiothérapie?

Des chercheurs du Breast Cancer Group, du réseau mondial indépendant de chercheurs Cochrane, ont voulu savoir quel était l'impact de l'activité physique en tant que traitement adjuvant sur plusieurs effets secondaires: la fatigue, la réduction de la qualité de vie, la dépression et le dysfonctionnement cognitif. Leur analyse repose sur 32 essais cliniques menés en tout auprès de 2.626 femmes atteintes d'un cancer du sein et qui suivaient l'un de ces traitements ou les deux.

Les résultats montrent les bénéfices de l'activité physique, et ce à tous les stades de la maladie mais sur une partie seulement des effets secondaires. Le sport serait en effet utile pour améliorer la forme physique et diminuer la fatigue que ressentent les patientes dont "l’épuisement engendré par la maladie et les traitements n’est soulagé ni par le repos, ni par le sommeil", précise l'association SOS Cancer du sein.

De meilleures capacités cognitives

Celle-ci ajoute que "l’inactivité fait fondre vos muscles, dérègle votre sommeil, diminue votre circulation sanguine et votre oxygénation, avec pour conséquence encore plus de fatigue". Une majorité d'études suggère également que le sport peut influer de manière bénéfique sur les capacités mentales en améliorant légèrement les fonctions cognitives des malades qui ont suivi une chimiothérapie.

Car ce traitement peut entraîner des troubles qui, bien que subtils (traitement de l'information plus lent, perte de l'attention, troubles de la mémoire) peuvent avoir un véritable impact sur leur quotidien. Mais en ce qui concerne l'amélioration de l'humeur, voire de la dépression, aucun impact significatif n'a été signalé. De même pour la qualité de vie qui ne semble pas significativement améliorée.

"Les résultats nous ont permis de tirer une conclusion plus précise sur le fait que les exercices d'aérobie et de résistance peuvent être considérés comme bénéfiques pour les personnes ayant des effets secondaires liés à la thérapie", concluent les chercheurs.

Toutefois, d'autres travaux sont nécessaires pour déterminer quelle activité physique, à quelle intensité et à quelle fréquence, est la plus optimale pour ces effets bénéfiques. Selon l'institut Curie, "pratiquer au moins 3 heures d’activité physique hebdomadaire réduit les risques de récidive de 20%. Un pourcentage qui grimpe à 50% au-delà de 9h d’activité".

L'association SOS Cancer du sein recommande des sports doux comme du pilates, du tai chi, du yoga ou de l'aquagym. La musculation est aussi conseillée car elle "maintient la masse musculaire et le système immunitaire, tout en aidant les muscles à développer plus de résistance à la fatigue". Pour trouver l'exercice le plus adapté et prévenir tout risque de contre-indications, mieux vaut en parler au préalable à son médecin.

Alexandra Bresson