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"C'est un exploit formidable": ce chirurgien de l'hôpital Foch a réalisé la première greffe de poumons sur un malade du Covid-19

Le Dr Édouard Sage de l'hôpital Foch de Suresnes, en région parisienne, donne, sur BFMTV, des nouvelles du premier malade du Covid-19 ayant reçu une greffe des poumons en France.

Pour la première fois en France, un malade du Covid-19 qui se trouvait en insuffisance respiratoire a bénéficié d'une greffe des poumons. L'intervention a eu lieu le 1er novembre à l'hôpital Foch de Suresnes, dans les Hauts-de-Seine.

Le patient, âgé de 58 ans et sans aucune comorbidité, avait été admis en réanimation après avoir développé une forme grave du coronavirus ayant détruit quasi complètement ses deux poumons.

Aujourd'hui, "le greffon va très bien, et le patient est en train de se rétablir", rapporte au micro de BFMTV Édouard Sage, chirurgien thoracique et cardio-vasculaire à l'hôpital Foch de Suresnes, qui a réalisé cette greffe. Il appelle cependant à la prudence puisque la transplantation a eu lieu il y a une dizaine de jours seulement.

"Aujourd'hui, il est capable de respirer, ce qui est déjà un exploit formidable", se réjouit donc le médecin.

Des semaines voire des mois de rétablissement

"La phase critique n'est pas encore complètement passée", explique toutefois le médecin sur notre antenne. "On prend beaucoup de précautions puisque le rétablissement de ce type d'interventions est long et peut être difficile", d'autant que le patient "était intubé et ventilé" depuis plusieurs semaines au CHU de Lille.

"Il va falloir qu'il se rétablisse de ce séjour en réanimation, il est très probable que son rétablissement prenne des semaines, voire des mois".

Selon le Dr Edouard Sage, d'autres malades du Covid-19 pourront "probablement bénéficier de cette greffe bipulmonaire", mais "on sait très bien que ça va être de manière "très limitée et exceptionnelle, pour la simple raison que les patients admis en réanimation sont rarement uniquement défaillants du poumon". "Ils ont souvent d'autres contre-indications" qui rendent une telle greffe impossible.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV