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Web-atrio, la start up sans chef

La start up fonctionne sans hiérarchie: les décisions se prennent collectivement, en s'assurant d'avoir consulté les personnes concernées par les changements.

La start up fonctionne sans hiérarchie: les décisions se prennent collectivement, en s'assurant d'avoir consulté les personnes concernées par les changements. - Web-atrio

L’entreprise de développement web a obtenu la quatrième place du classement 2016 Great place to work des moins de 50 salariés. Ses salariés apprécient son fonctionnement horizontal, en autonomie, où la hiérarchie a été supprimée.

Devenir son propre patron est le rêve de beaucoup. Les fondateurs de Web-atrio l’ont réalisé. Mais en plus, ils partagent aussi cette opportunité avec leurs salariés en mettant en place une structure sans hiérarchie, depuis 2012.

"Nous restons les fondateurs, les salariés nous consultent beaucoup mais nous les laissons décider ensemble. La seule condition est qu’ils se mettent d’accord avec les personnes impactées par les changements décidés, assure Remi Gaubert, l’un des fondateurs. Pas besoin de consulter tout le monde non plus, sinon on n’avance à rien."

Entreprise libérée

Le tout est de trouver la juste mesure entre les principes égalitaristes de l’entreprise libérée développés par Wiliam Gore comme vecteur de bien-être au travail et le réalisme dicté par le marché. Au départ, aucune grille de salaire n’était fixée. Puis la question des rémunérations est venue sur le tapis: avec un salaire égal, ceux qui ont acquis de l’expérience ne restent pas. En toute transparence, le personnel a réfléchi ensemble.

"Il ne suffit pas d’offrir de bonnes conditions de travail, il faut s’aligner un minimum sur ce qui se fait ailleurs pour que les salariés aient toutes les raisons d’avoir envie de s’investir à fond dans l’entreprise", estime le co-fondateur. Alors la grille de salaire prend en compte les années d’expérience, le diplôme, la capacité à réaliser du relationnel client et la maîtrise des nouveaux langages de développement web.

Le droit à l’erreur

Résultat, un faible turnover et environ une embauche par mois sur chacun des sites de l’entreprise, Paris et Toulouse, compte tenu de la croissance fulgurante de la start up. Pour les intégrer, un système de parrainage a été mis en place et les présentations se font à l’occasion de la soirée d’entreprise mensuelle.

Tout l’inverse des fonctionnements expérimentés auparavant par les fondateurs, passés par les grandes sociétés de consulting où ils avaient le sentiment de "n’être qu’un pion". "Quand je voulais prendre une initiative, on me répondait que des gens étaient payés pour et on me demandait de retourner à mon ordinateur", se souvient Remi Gaubert, qui vante le droit à l’erreur, également prôné par Charles Pépin, expert de l’Association pour le management dans Les vertus de l’échec (Allary éditions, 2016).

Des notes de frais sans vérification

Exit la lourdeur administrative: chacun entre tout seul sa déclaration de notes de frais, sans vérification. Et aucun abus à déclarer. "Les salariés se responsabilisent et savent que c’est bénéfique pour tout le monde. Cela permet d’être autonome si chacun fait un minimum attention", estime le développeur. Interrogés à l’occasion du sondage Great place to work, neuf salariés sur dix se sont déclarés satisfaits et heureux de travailler pour Web-atrio.

Rozenn Le Saint