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Pendant les trajets professionnels, attention à la somnolence au volant

Plus de six Français sur dix ne font pas de pause quand il sont en trajet professionnel, même long.

Plus de six Français sur dix ne font pas de pause quand il sont en trajet professionnel, même long. - Sam Lehman - CC - Flickr

Promouvoir les pauses régulières pendant les trajets professionnels évite les accidents liés à l'endormissement. Plus de six salariés sur dix ne prennent pas de pause pendant de longs voyages en voiture.

Alors que le salon de Las Vegas nous promet des voitures autonomes à l’horizon de 2020, pour l’heure, on n’y est pas. "Surtout, l'humain devrait être capable de reprendre la main dans les situations délicates or rien de tel qu'un pilotage automatique pour favoriser l'endormissement", met en garde Damien Léger, responsable du centre du sommeil et de la vigilance de l'AP-HP Hôtel-Dieu, à l'occasion d'une conférence sur la somnolence au volant organisée par l'institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) et la fondation Vinci.

Or aujourd'hui, le facteur somnolence est déjà présent dans 12% des accidents de la route, et c'est un facteur déterminant dans 72% d'entre eux. Huit fois sur dix, cela provoque une perte de contrôle du véhicule, selon les chiffres de la sécurité routière. Et plus de six Français sur dix ne font pas de pause quand ils sont en trajet professionnel, quelle que soit la durée. Or les accidents de la route restent la première cause de mortalité au travail.

Dette de sommeil

Alors pour la réduire, il faut traiter le problème à la source. "Près d'un tiers de la population active dort moins de six heures par nuit en semaine or le risque d'accident de la route est multiplié par trois quand on est en dette de sommeil", souligne Damien Léger. Il alerte également sur les médicaments qui favorisent la somnolence, comme les anti allergiques. Une sensibilisation aux risques du manque de sommeil utile pour tous, qui peut également permettre de détecter des personnes atteintes de maladies comme l'apnée du sommeil, fréquente, ou la narcolepsie, plus rare.

Horaires réguliers

L'organisation de l'entreprise peut être à revoir, notamment pour le travail nocturne. "Il faut éviter les gros changements de rythmes dans la mesure du possible. Si les salariés ont des horaires différents tous les jours, il est difficile de s'adapter sur le plan familial et de récupérer pendant les temps de repos", avertit l'expert en sommeil.

Une sieste et ça repart

C'est d'ailleurs suite à deux accidents liés à un endormissement en retour de weekend que l'entreprise de transport frigorifique Salesky a modifié la rotation des horaires de ses chauffeurs, qui travaillent en majorité de nuit. "Les réfrigérateurs font du bruit dans les camions, cela ne facilite pas les siestes, alors nous proposons 60 chambres à travers la France pour que les chauffeurs récupèrent avant de repartir", témoigne James Byzery, formateur chez Salesky. Et pour les entreprises lambda, promouvoir le covoiturage pour les déplacements professionnels et faire passer le message que mieux vaut s'arrêter quand on est fatigué sont préconisés.

Rozenn Le Saint