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Les start-up ne sont pas épargnées par les burn-out

Dans son livre Bienvenue dans le nouveau monde, comment j'ai survécu à la coolitude des start-up, Mathilde Ramadier décrit un système créateur de souffrance au travail.

Dans son livre Bienvenue dans le nouveau monde, comment j'ai survécu à la coolitude des start-up, Mathilde Ramadier décrit un système créateur de souffrance au travail. - Universidad Icesi - CC - Flickr

Derrière la coolitude des entreprises "jeunes pousses", leurs espaces détente cosy et baby-foot, la souffrance au travail commence à émerger.

Dans les start-up, le management horizontal règne en maître. Agrémenté de défis ludiques et de soirées au bureau. Résultat, les frontières sont encore plus floues entre collègues, patrons et amis. D'autant que "les jeunes collaborateurs ont été bercés par les séries américaines dans lesquelles on est tous amis au bureau", remarque Raphaël Nabet, gérant du cabinet de conseil Aptis formation.

Engagement physique, intellectuel et émotionnel

Alors ils se donnent encore plus pour le projet d'entreprise, réalisent des semaines à rallonge pour suivre le rythme d'hypercroissance de la start-up, sans se soucier du code du travail et en mettant leur vie personnelle entre parenthèse. Au final, l'expert conseil en ressources humaines y voit apparaître de plus en plus de cas de burn-out.

"Les jeunes sont brûlés physiquement, intellectuellement et cramés émotionnellement puisqu'ils passent leur vie à travailler. Ils se coupent du reste du monde et quand ils craquent, épuisés professionnellement, ces salariés mouchoir se retrouvent vraiment seuls", constate Raphaël Nabet.

Culte de la personnalité

C'est aussi ce que raconte Mathilde Ramadier dans son livre Bienvenue dans le nouveau monde, comment j'ai survécu à la coolitude des start-up au sujet de ce nouveau prolétariat. Elle y décrit un "capitalisme sauvage", une "dictature totalitaire autour d'un leader charismatique", auquel les "jeunes pousses" vouent un "culte de la personnalité".

Ses petites mains, "office manager", "assistant talent recruiter", "growth hacker",-anglicismes qui "servent soit à enjoliver un job banal, soit à masquer une précarité", selon l'auteure-, sont en réalité exploitées. Jusqu'à ce qu'elles craquent.

Rozenn Le Saint