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Les open space ne sont pas encore majoritaires dans les entreprises

Un actif travaillant en bureau sur trois a encore son bureau, rien que pour soi.

Un actif travaillant en bureau sur trois a encore son bureau, rien que pour soi. - Cdric Henry - CC - Flickr

La majorité des actifs qui exercent en bureau plébiscite les espaces de travail individuels: pour un sur trois, cela reste le quotidien, essentiellement chez les cols blancs.

Près de deux actifs qui travaillent en bureau sur trois sont encore épargnés des grands plateaux de travail ouverts. Près d'un sur trois dispose même d'une pièce pour lui tout seul, même si la tendance est à la baisse.

Selon le baromètre Actineo de la qualité de vie au bureau, publié le 9 novembre, 16% des salariés de bureau n'ont pas cette chance et connaissent les joies des grands open space. Pourtant, pour la majorité, l'espace de travail idéal est un "bureau individuel fermé".

Le privilège des cadres

"Depuis la fin des années 1970 et l’importation des open space des Etats-Unis, il y a eu des d’allers-retours vers des espaces de travail plus petits, puis de nouveau plus grands… Certaines situations de travail nécessitent de partager un bureau à une dizaine de personnes, d’autres à deux seulement ou tout seul", analyse Bernard Dugué, ergonome.

Parmi ceux qui pianotent encore en solo dans leur pièce, 77% sont des cadres dirigeants. En cela, rien de surprenant. Mais pour qu'il soit efficace, ce privilège doit aussi se conjuguer avec un emplacement bien pensé.

Du bon emplacement des cols blancs

Car il arrive que des responsables de service se retrouvent à l'opposé du plateau où se trouve le personnel sous leur aile. "Depuis une vingtaine d'années, les bureaux des managers s'éloignent du terrain, sous prétexte qu'ils sont de plus en plus absorbés par des multiples réunions ou la tenue d'indicateurs. Or s'ils passaient davantage de temps avec leurs équipes, cela permettrait de résoudre plus efficacement les problèmes et d'améliorer la qualité de vie au travail de tous", commente Mathieu Detchessahar, chercheur en gestion des ressources humaines.

D'autant que plus de huit dirigeants et cadres sur dix bûchent parfois en dehors de l'entreprise, leur tâche impliquant davantage de déplacements. Autre enseignement de l'étude Actineo: un quart des actifs exerçant en bureau sont des habitués des "tiers-lieux", adeptes des fablab, du coworking ou du télétravail.

Rozenn Le Saint