BFMTV

Le cancer, un sujet moins tabou dans l'entreprise

Le ruban rose, symbole de la lutte contre le cancer du sein.

Le ruban rose, symbole de la lutte contre le cancer du sein. - Rosmarie Voegtli - CC - Flickr

1000 personnes par jour apprennent en France qu'elles ont un cancer, parmi lesquelles 400 travaillent. Et elles parviennent de plus en plus à aborder leur pathologie.

Plus de la moitié des actifs atteints du cancer estiment qu'il est difficile de parler de cancer en entreprise en 2016, selon le baromètre Cancer@work, publié le 9 décembre. Mais le sujet est déjà moins tabou qu'en 2013, lors de la première édition de l'étude: ils étaient près des trois quarts à le penser. Cette année-là, la ministre déléguée à la famille Dominique Bertinotti avait annoncé publiquement qu'elle souffrait d'un cancer du sein, pour contribuer à sa façon à libérer la parole sur la maladie.

Pas les mêmes possibilités de carrière

Une étape essentielle pour que les malades parviennent à l'annoncer à leur employeur (lire Cancer: comment l'aborder avec ses collègues?). "S''ils n'en font pas part, l'entreprise ne peut pas leur proposer de solution pour aménager leur poste", rappelle Anne-Sophie Tuszynski, fondatrice de Cancer@work. Et sur ce point, la situation n'a pas évolué depuis trois ans.

La moitié des salariés touchés par la maladie pensent que l’entreprise n'offre pas les mêmes possibilités de carrière pour les actifs malades et plus du quart d’entre eux a le sentiment de ne pas avoir retrouvé leur place dans l'entreprise à le retour. "Un constat corrélé au fait que les malades n'osent pas dire qu'ils sont atteints d'un cancer", analyse celle qui est elle-même passée par cette épreuve.

Un difficile remplacement

Dans même pas la moitié des cas, la personne malade a été remplacée et la charge de travail répartie sur l'équipe. "A la décharge des employeurs, ce n'est pas évident de mettre en place une solution de remplacement quand on n'a pas de vision sur la durée d'absence et du traitement, quand le malade lui-même pense que la chimiothérapie est la meilleure solution, puis se rend compte que la chirurgie s'avère nécessaire", souligne Anne-Sophie Tuszynski.

Par ailleurs, les malades demeurent mal informés des procédures facilitant leur retour à leur poste. Par exemple, seule la moitié d'entre eux a bénéficié d'une visite de pré reprise chez le médecin du travail, qui permet pourtant de mieux anticiper le retour au travail.

Effets positifs de la maladie

Plus surprenant, le baromètre insiste cette fois sur les impacts positifs du cancer sur la vie professionnelle des personnes qui ont été touchées par le crabe. Il en ressort qu'elles estiment avoir une meilleure prise de recul, définition des priorités et avoir gagné en bienveillance, humanité, empathie, solidarité et dépassement de soi, notamment.

"Une ode au travail à l'heure où l'on parle beaucoup de souffrance professionnelle", estime la fondatrice de Cancer@work. Elle l'assure: l'environnement de travail de la personne souffrante, à son retour, gagne en bien-être.

Rozenn Le Saint