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En entreprise, des accompagnements mis en place après les attentats

En plus des numéros verts de soutien psychologique, des entreprises ont mis en place des débriefing collectifs et des formations des managers aux risques psychosociaux après le 13 novembre.

En plus des numéros verts de soutien psychologique, des entreprises ont mis en place des débriefing collectifs et des formations des managers aux risques psychosociaux après le 13 novembre. - stephane otin - CC - Flickr

De nombreuses entreprises ont mis en place des numéros verts de soutien psychologique juste après les événements et quelques unes, des programmes de prévention du stress au long court.

Philippe Maurette est resté cloisonné dans un restaurant à proximité du Bataclan le soir du 13 novembre 2015. Comme tout le monde, il est sorti choqué de ces événements d'ampleur inédite.

La maison mère danoise de son entreprise, ISS, a abreuvé ce DRH de messages pour s'enquérir de la santé de ses collaborateurs. L'un d'entre eux est un rescapé du Bataclan.

Une hotline de soutien psychologique

En arrivant au bureau le lundi suivant, son équipe a décidé l'ouverture d'une hotline de soutien psychologique pour soulager les salariés éprouvés. Le 17 novembre, elle était en place.

"A Noël, nous avons décidé de la prolonger pour en faire un lieu d'écoute et d'aide psychologique anonyme afin que nos collaborateurs trouvent une écoute, quels que soient leurs soucis", témoigne le DRH du géant du service en entreprise tel que le nettoyage ou la gestion d'immeubles.

Le soir du 14 juillet, le patron de l'agence ISS de Nice l'a appelé en panique. Bon nombre de son personnel se trouvait sur la promenade de Nice. "L'outil était déjà en place, nous n'avons eu qu'à rappeler le numéro", indique le DRH.

Plus rapide après Nice

"Alors que la mise en place d'un numéro vert joignable 24h sur 24h après le 13 novembre a pris entre 48 et 72 heures, elle a été bien plus rapide après Nice pour les entreprises qui s'y étaient préparées", confirme Camy Puech, directeur général de Qualisocial, fournisseur de ces solutions clé en main.

D'ailleurs, "les sociétés américaines ont été les premières à réagir. Comme elles ont déjà connu ce type d'événements, pour elles, agir pour soutenir leurs salariés français relevait de l'évidence", témoigne Maria Ouazzani, psychologue et responsable du pôle accompagnement du cabinet spécialisé dans la gestion des risques psychosociaux (RPS) Psya.

Débriefing collectifs

"Après la phase de crise qui dure environ cinq jours, le temps de reprendre ses esprits, des entreprises ont voulu aller plus loin dans la prévention des RPS", assure Camy Puech. Environ une sur cinq qui avait fait appel aux cabinets spécialisés dans la gestion du stress pour la mise en place d'un numéro d'urgence, selon ceux interrogés par BFMTV.com. Des séances de visu de débriefing collectifs sur les événements menés par des psychologues ont été proposés.

Formation

Puis les entreprises sont passées à la phase préparatoire, destinée à mieux anticiper ce type d’événements, en amont, pour que les personnes en première ligne soient habilitées à déclencher l’aide appropriée en cas de nouvelle attaque.

Des modules de e learning avec formation des managers aux risques psycho traumatiques ont été lancés. Pour qu'ils prennent conscience que ces angoisses peuvent hanter les collaborateurs, même un an, voire des années plus tard.

Rozenn Le Saint