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Borner les risques de l’intrapreneuriat pour éviter la surcharge de travail

Darwin Digital - CC - Flickr

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L’autonomisation des salariés est facteur de bien-être. A condition de bien délimiter les programmes de prises d’initiatives comme l'intrapeneuriat, pour éviter la surcharge de travail.

Vivre la vie d’un chef d’entreprise, avec salaire garanti:la proposition est alléchante.

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Mais encore faut-il que les programmes d’intrapreneuriat soient bien circonscrits. Quand les intrapreneurs sont des cadres, généralement, les cols blancs restent intégrés dans leur service et cette mission d’intrapreneuriat s’ajoute à leurs tâches habituelles.

Un budget et du temps

De quoi inquiéter Jean-François Foucard, secrétaire national chargé de l’emploi à la CFE-CGC. "Il est de bon ton de dire que l’on va libérer les cadres mais ils se retrouvent avec des tâches en plus de leur travail classique et rapidement, en surcharge de travail. A eux de se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle", estime-t-il.

"Il faut un budget dédié et du temps. Le "Magic time" n’existe pas, il est nécessaire d’en dégager spécifiquement pour le projet d’intrapreneuriat en allouant une période ou des jours dans la semaine", préconise Vincent Guesdon, directeur de l’innovation chez Deloitte.

Depuis 2014, 250 salariés ont vécu l’expérience d’intrapreneurs au sein du cabinet de conseil. Aujourd’hui, ils sont cinq à plancher sur leur projet dans une structure de type incubateur. Ils ont entre trois et six mois pour travailler sur le développement de leur idée. Et passent entre 50 et 80% de leur temps sur leur mission classique et le reste du temps, sur leur projet. 

Montée en compétences

Chez Pôle emploi, le programme d’intrapreneuriat est tout bénéfice. Eric Barthelemy est détaché de son poste de conseiller, dispose de l’aide de trois autres agents, d’une prime au bout de 18 mois et d’une promotion. Le projet "La bonne boîte" vise à créer une application avec des algorithmes qui repèrent quand les entreprises recrutent pour savoir quel est le meilleur moment pour envoyer une candidature spontanée.

Anticiper l’après-mission

Et à l’issue du projet, tout est prévu pour ne pas déprimer en retour de mission. "Mon ancienne hiérarchie m’a fait savoir que le jour où mon projet d’intrapreneur s’arrêterait, elle aurait besoin des compétences que j’ai acquises en tant que chef de projet, non pas forcément pour développer un nouveau service, mais une organisation du travail innovante, par exemple", assure le quadragénaire. Car l’administration a également tout intérêt à miser sur sa montée en compétences… Dans le but, pourquoi pas, d’améliorer aussi le bien-être de l’ensemble des agents.

Rozenn Le Saint