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Les salariés préparent leurs vacances en choisissant autant de jours off qu'ils le souhaitent.

Les salariés préparent leurs vacances en choisissant autant de jours off qu'ils le souhaitent. - so11e - CC - Flickr

a start up Evercontact permet à ses salariés de prendre autant de jours off qu’ils le souhaitent : eux n’en abusent pas mais apprécient clairement cette souplesse qui diminue le stress.

Attendre le mois de mai suivant la signature d’un CDI pour pouvoir poser un jour; ne pas pouvoir partir quand on sent qu’on est prêt à craquer; peiner à croiser son planning de vacances avec son conjoint sont autant de sources de stress pour les salariés. Alors que dans l’entreprise Evercontact, depuis 2011, c’est "open congés" : la seule à notre connaissance, au pays des RTT.

"Dans le droit français, les vacances des dirigeants d’entreprise ne sont pas comptées. J’ai trouvé qu’il était injuste qu’il n’en soit pas de même pour les cadres classiques d’une start up, qui sont très impliqués et prennent autant à cœur leur mission", estime Philippe Laval, patron d'Evercontact. Lui prend environ sept semaines de vacances, soit davantage que ce que prévoit la loi depuis 1981.

Pas d'abus

Personne n'en abuse. La plupart des 25 salariés prend environ cinq semaines dans l'année sauf les trois employés américains qui, culturellement, ne parviennent pas à franchir la barre des trois ou quatre semaines de congés. "Les collaborateurs savent bien que s'ils partaient tout le temps, cela deviendrait compliqué de dispatcher leurs tâches et la start up ne pourrait plus continuer de se développer", estime le patron d'Evercontact, qui a approché le million d'euros de chiffre d'affaires en 2015.

Cela implique simplement un tour de passe-passe comptable finalement pas si risqué : tous les mois, il décompte systématiquement un douzième de congés payés à chaque salarié, qu’il les prenne ou pas, soit 2,5 jours ouvrables. Tout s’est toujours bien passé. Aucun accident du travail à déclarer pendant les jours déposés artificiellement, aucun salarié parti fâché tenté d'attaquer. "Beaucoup de patrons de start up se renseignent sur la mesure mais craignent d'être embêtés juridiquement, même s'il y a peu de risques. La plupart explique ne pas l'afficher aussi clairement mais se montrer très flexible", relate le patron d'Evercontact.

Horaires flexibles

Si l'entreprise ne compte pas les jours de congés, en contrepartie, les salariés, eux, ne comptent pas leurs heures. Evercontact, dont la clientèle est au trois quart américaine, travaille beaucoup avec la Californie, ce qui implique, avec le décalage horaire, des conférences téléphoniques parfois tard le soir ou de reprendre l’ordinateur après dîner, une fois rentré. D’ailleurs, c’est dans la Sillicon Valley que Philippe Laval a puisé son inspiration : Twitter, Netflixe, Evernote et FullContact sont les précurseurs des vacances à gogo.

C’est un peu la course aux initiatives pour le bien-être des salariés dans le but d'attirer les meilleurs talents, compte tenu de la pénurie d’ingénieurs aux Etats-Unis. A Paris aussi, pour séduire les meilleurs candidats, la formule open vacances fait parfois la différence. "Même si nous présentons la mesure lors de l'entretien d'embauche, nous espérons que les candidats ne nous contactent pas pour cette liberté en premier", tempère néanmoins Philippe Laval.

Concilier vie pro, vie perso

Toujours est-il que cet état d'esprit de mieux concilier la vie professionnelle et personnelle joue clairement. D'ailleurs, la parité est atteinte avec la moitié du personnel féminin, l'autre masculine, même chez les développeurs. Ce qui dans le secteur, relève de l'exploit. Une semaine sur deux, le directeur technique quitte le bureau, quoi qu'il arrive, à 17h pour récupérer ses enfants à la sortie de l'école. Résultat, l'absentéisme et le turnover sont très faibles. Depuis cinq ans, seuls sept salariés ont quitté l'entreprise… Et ont dit adieu aux congés à volonté.