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ArcelorMittal passe un pacte avec ses salariés dépendants aux drogues

Parmi les salariés suivis pour leur dépendance chez ArcelorMittal, la moitié le sont à l'alcool, l'autre au cannabis.

Parmi les salariés suivis pour leur dépendance chez ArcelorMittal, la moitié le sont à l'alcool, l'autre au cannabis. - davide lucardi - CC - Flickr

Le géant de l'acier aide ses employés à se défaire de leur dépendance aux drogues en leur proposant de s'engager par contrat avec leur manager et le médecin du travail.

Un grave accident du travail d'un salarié aviné a été l'élément déclencheur pour mieux prévenir le risque d'addiction. Le règlement intérieur d'ArcelorMittal interdit totalement d’introduire et de consommer de l’alcool sur site, même pour les pots. Cette mesure drastique est de plus en plus adoptée par les employeurs du fait de leur obligation de sécurité. En revanche, ils sont peu à former leurs encadrants à ce risque, comme le leader de l'acier l'a fait pour ses 600 cols blancs. 

Formation aux risques

"Le manager est inciter à avoir un entretien formalisé avec le salarié qu’il pense être en difficulté avec une consommation de substances psychoactives. Il doit partir des faits, pas d’un jugement, et indiquer qu’il constate des dysfonctionnements ou des retards à répétition, par exemple, ce qui le laisse penser que le collaborateur pourrait avoir besoin d’aide", relate Dominique Delahaigue, médecin coordinateur du groupe ArcelorMittal Atlantique Lorraine. Les autres employés n'y échappent pas non plus: leur formation sur la sécurité comprend à présent une sensibilisation aux risques de l’addiction.

Engagement sous contrat

Surtout, un contrat d’accompagnement tripartite entre la personne accro, son manager et son médecin en santé au travail,-dans le respect du secret médical-, a été créé. Vingt conventions sont actuellement en cours dans l’entreprise, la moitié pour une addiction à l’alcool, l’autre au cannabis. "Le manager le propose à l’intéressé, avec tact, empathie, mais en cadrant aussi les choses, en lui exposant les possibilités de sanctions graduées s'il ne se soigne pas", indique la médecin. Il s’engage ensuite auprès de son manager à ne plus être en retard, par exemple, et à être régulièrement suivi par le médecin. 

"Cette option est utilisée sans difficulté car elle fait partie d’un ensemble de mesures, lisibles par tous", assure Philippe Lejemble, directeur qualité sécurité environnement d’ArcelorMittal Atlantique Lorraine. Des contrats qui permettent aussi de faire le point trois fois par an à l'occasion d'un comité central de prévention des addictions destiné à suivre la population à risque. Et à prendre des mesures pour les aider.

Rozenn Le Saint