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Ben Stiller relance le débat du dépistage du cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est le cancer masculin le plus fréquent en France et dans les pays occidentaux en général.

Le cancer de la prostate est le cancer masculin le plus fréquent en France et dans les pays occidentaux en général. - iStock - monkeybusinessimages

L'acteur américain a révélé dans une tribune publiée sur Internet qu'il a guéri il y a deux ans d'un cancer de la prostate, notamment grâce à un dépistage précoce, le dosage PSA. Un examen qui fait débat chez les spécialistes car son efficacité n'est pas optimale.

C'est une annonce surprise faite par l'acteur américain Ben Stiller. Grand habitué des films à caractère comique, ce dernier c'est cette fois exprimé sur un sujet beaucoup plus grave. A la surprise générale, il affirme avoir vaincu un cancer de la prostate à l'âge de 48 ans (il en a 50 aujourd'hui). Une expérience qu'il raconte via une tribune publiée sur le site Medium, où il plaide en faveur du dépistage précoce de ce type de cancer.

L'acteur de "La nuit au musée" était en effet atteint de cette pathologie depuis deux ans, et estime que sa rémission est due au dépistage sanguin, le dosage PSA, qu'il a réalisé à un âge jugé en dehors des risques. Le test de dosage de PSA (Prostate Specific Antigen) consiste à mesurer la concentration de ce marqueur de l’activité de la prostate via une prise de sang, car sa présence en quantité plus grande que la normale peut signaler la présence d’un cancer.

"J'ai eu la chance d'avoir un médecin qui m'a donné ce qu'ils appellent un test de PSA quand j'avais 46 ans. Je n'ai pas d'antécédents de cancer de la prostate dans ma famille et je ne suis pas dans le groupe à risque, écrit-il. Ce que j'avais, et je suis en bonne santé aujourd'hui grâce à cela, c'est un médecin réfléchi qui me considérait dans l'âge pour commencer à vérifier mon niveau de PSA".

Les recommandations officielles remises en cause

C'est donc à la suite de cette expérience que Ben Stiller prône la généralisation de ce test chez les hommes de moins de 50 ans, contrairement aux recommandations des autorités médicales américaines.

"Si mon médecin avait attendu jusqu'à cet âge comme le recommande l'American Cancer Society, je n'aurais pas su que j'avais cette tumeur grandissante pendant ces deux ans où j'ai été traité. S'il avait suivi les lignes directrices de la Preventive Services Task Force des États-Unis, je n'aurais pas obtenu de test du tout et je n'aurais jamais su que j'avais un cancer, jusqu'à qu'il soit trop tard pour le traiter avec succès", ajoute-t-il.

C'est grâce à ce test PSA réalisé tous les six mois pendant un an et demi que ce médecin a redirigé l'acteur vers un urologue, qui a pu établir le diagnostic. Sa tumeur a ensuite été retirée rapidement grâce à une chirurgie. Mais bien que considéré comme une référence pour le dépistage, ce test fait aussi polémique et suscite le débat quant à son utilisation.

Car comme l'indique l'Institut National du Cancer (Inca), "une valeur élevée du PSA ne veut pas nécessairement dire qu’un homme est atteint d’un cancer de la prostate. Cette valeur peut être temporairement élevée en raison d’une inflammation de la prostate (prostatite)". Celui-ci précise qu'un homme "qui n’a pas de cancer peut avoir une valeur élevée du PSA. Et un homme qui est atteint d’un cancer peut avoir une valeur du PSA normal". 

Un risque d'examens invasifs inutiles

C’est pour cette raison que son utilisation dans le cadre du dépistage généralisé fait débat depuis plusieurs années chez les spécialistes de santé. Certains craignent notamment qu'un dépistage précoce via cet examen entraîne des tests invasifs inutiles comme la biopsie ou des "surtraitement" aux effets secondaires importants (impuissance, incontinence). Une controverse à laquelle Ben Stiller répond:

"Les hommes de plus de 40 ans devraient avoir l'occasion de discuter de ce test avec le médecin. Un patient informé peut faire des choix responsables quant à la façon de procéder".

Cet avis suit celui de l'Association Française d'Urologie, qui recommande une "détection précoce individualisée du cancer de la prostate avec une information éclairée sur les modalités, les enjeux et les risques éventuels liés aux différentes stratégies de prise en charge avec pour objectif essentiel de ne pas méconnaître un cancer agressif."

En France, le cancer de la prostate se situe au 1er rang des cancers chez l'homme, devant les cancers du poumon et du côlon-rectum.

Alexandra Bresson