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Bébés nés sans bras: "On ne comprend pas et on veut pouvoir chercher" 

Emmanuelle Amar, la directrice générale du registre des malformations congénitales en Rhône-Alpes, a mis en garde mardi sur BFMTV sur les "excès de cas" d'enfants atteints de malformations dans plusieurs départements français.

L'épidémiologiste et directrice générale du registre Remera Rhône-Alpes, à l'origine de la saisie de Santé publique France, a pris la parole ce mardi soir sur BFMTV pour attirer l'attention sur l'excès de cas de bébés atteints d'une malformation des membres supérieurs dans plusieurs départements français.

"Nous avons alerté parce que nous avons constaté un excès de cas de naissance d'enfants porteurs d'une agénésie transverse isolée du membre supérieur: un seul bras ou une seule main manquante" explique Emmanuelle Amar sur BFMTV.

11 cas suspects supplémentaires d'enfants nés sans bras ou main ont en effet été identifiés dans l'Ain entre 2000 et 2014, a annoncé l'agence Santé Publique France ce mardi. 11 cas qui s'ajoutent aux 7 déjà signalés par le registre Remera (Registre des malformations congénitales en Rhône-Alpes).

"On veut chercher parce qu'on ne comprend pas"

Pour l'instant, des investigations sont en cours mais aucune cause commune n'a encore pu être mise en évidence. Si certains avancent une cause environnementale, aucune preuve scientifique ne permet pour l'heure d'en attester

"Ces malformations sont habituellement très rares" insiste Emmanuelle Amar. "On est de l'ordre d'une naissance avec malformation pour 10.000 naissances. Le fait que ces naissances soient groupées et en nombre supérieur au nombre attendu a fait conclure à une équipe pluridisciplinaire faite de statisticiens et d'épidémiologistes spécialisés dans les malformations, qu'il y avait un excès de cas" assure-t-elle.

"Toutes ces mères habitaient à la campagne" explique la scientifique. "Ce qui est, je le concède bien volontiers, un peu maigre comme début de piste. Mais ce n'est pas parce qu'on n'a pas de piste que cet excès de cas doit être balayé d'un revers de main. C'est justement parce qu'on ne comprend pas qu'on veut essayer de chercher" poursuit la chercheuse.

Emmanuelle Amar, qui prétend ne pas être surprise par la révélation de ces nouveaux cas, déplore que les familles aient été "prises pour des boules de billard et apprennent ces données par voie de presse".

Jeanne Bulant