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Avec son "Cosméto'Score", "60 millions de consommateurs" alerte sur la composition des cosmétiques

Une salle de bain (Photo d'illustration).

Une salle de bain (Photo d'illustration). - Flickr - CC Commons - Dimitry

Le magazine a mis en place un système de notation à l'image du Nutriscore pour les classer en fonction de la dangerosité de leurs composants. Une note de A à E a été attribuée à 86 produits.

Sulfates, polymères, phénoxyéthanol et autres silicones... Déceler les substances potentiellement nocives contenues dans nos produits d'hygiène du quotidien peut relever du parcours du combattant. C'est la raison pour laquelle le magazine 60 millions de consommateurs a développé le "Cosméto'Score", un nouveau système d'évaluation permettant de classer les produits d'hygiène et de beauté en fonction de la dangerosité de leurs composants.

Le magazine a effectué un "calcul global du risque" que les produits engendrent pour la santé et l'environnement, "en tenant compte de chaque ingrédient, de sa quantité dans le produit et de son utilisation".

Dans son numéro en vente ce jeudi, 60 milions de consommateurs a ainsi analysé la composition de 86 produits cosmétiques qui trônent dans nos salles de bain et l'association met en garde contre la toxicité de certains d'en. Cette étude, en revanche, n'évalue pas et ne permet pas de comparer les produits selon leurs performances ou leur efficacité.

Le magazine a classé les produits en cinq catégories: A lorsqu'aucune réserve d'utilisation n'est émise, B lorsque le produit est à utiliser de façon raisonnée, C lorsqu'il est recommandé de n'utiliser le produit que de façon occasionelle ou en cas de besoin spécifique, D lorsque son utilisation est déconseillée et E lorsque son utilisation est fortement déconseillée car le produit contient trop de substances problématiques.

"Il ne faut pas affoler les gens", précise la cheffe de la rubrique Santé - Cosmétique du magazine, Adelaïde Robert, "en cas de risque avéré et immédiat pour la santé on n'aurait pas ces produits sur le marché". Il s'agit plutôt de signaler des produits dont une utilisation régulière et sur une longue période peut avoir des conséquences néfastes sur l'organisme et "de pousser les industriels à faire mieux", car des produits expurgés de ces ingrédients problématiques existent bien.

• Des polymères polluants dans des crèmes hydratantes

Dans les crèmes hydratantes, 60 millions de consommateurs a relevé plusieurs ingrédients problématiques, dont les polymères qui sont utilisés pour créer un film sur la peau et limiter la perte en eau. Ces polymères, dont la fabrication est très polluante selon le magazine, apparaissent sous différents noms, tels que"crosspolymer", "PEG" ou des termes en -one ou -siloxanes pour la famille des silicones.

Plusieurs allergènes et substances sensibilisantes sont également présents dans de nombreuses crèmes hydratantes. Le phénoxyéthanol, un conservateur, fait par exemple partie de la composition de plus de la moitié des crèmes hydratantes étudiées, et de 11 des 13 fonds de teints étudiés. Certains colorants azoïques, présents notamment dans les crèmes Dior ou Marionnaud, "sont potentiellement cancérogènes en plus d'être sensibilisants et irritants", écrit le magazine.

• Des allergènes dans des fonds de teint

60 millions de consommateurs déplore la présence de nombreuses substances problèmatiques (comme des allergènes ou irritants) dans ces produits qui n'ont pas vocation à être rincés.

Des filtres UV, parfois soupçonnés d'être des perturbateurs endocriniens, peuvent aussi faire partie de la composition des fonds de teints du marché, sans pour autant avoir un indice suffisant pour être efficaces contre les rayons du soleil.

• Des traces de métaux lourds dans des dentifrices

Les dentifrices ne sont pas exempts de substances à risque. Dix des dentifrices étudiés contiennent du dioxyde de titane et 13 contiennent de la silice hydratée (un agent blanchissant) qui peuvent "contenir des nanoparticules" et sont soupçonnés d'être cancérogènes.

Dans d'autres dentifrices, comme Oral B, Sanogyl, Signal, Vademecum ou Zendium, ont pu être retrouvés des métaux lourds tels que le zinc et l'étain qui s'avèrent toxiques.

• Des ingrédients suspects dans des gels douches

Selon 60 millions de consommateurs, des ingrédients sensibilisants ou irritants sont présents dans les crèmes et autres gels douche avec lesquels nous nous lavons, car il s'agit de produits parfumés, aqueux et nettoyants. Certains produits, de marque Carrefour, Dop et Weleda, contiennent de la coumarine, "suspectée d'être cancérogène-mutagène-reprotoxique", ou du Lilial (butylphényl méthylpropional), présent dans la crème Dove, "toxique pour la reproduction".

La moitié des produits étudiés contiennent également des tensioactifs (sodium laureth sulfate), peu irritants mais également peu biodégradables.

• Des hydrocarbures problématiques dans des mousses à rasser

Les mousses à raser en aérosol, comme celles de la marque Carrefour, Nivea Men ou encore de Gillette, sont les bien moins notées par cette étude (E), car leurs gaz propulseurs (des hydrocarbures), en plus d'être inflammables, présentent des traces de butadiène, une substance "pouvant être cancérogène-mutagène-reprotoxique".

Le magazine pointe également la présence d'ingrédients "nocifs pour la santé", comme la triéthanolamine ou d'autres allergènes, ou pour l'environnement, comme des dérivés d'huile de palme, des silicones et des composants éthoxylés - PEG.

Les notes des 86 produits testés sont à retrouver en détail et en intégralité dans le n°561 du magazine, en kiosques ce jeudi.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV