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Autotests dans les établissements scolaires: les syndicats dénoncent une logistique "irréalisable"

Autotest pour détecter le Covid disponible dans une pharmacie à Brest, le 16 avril 2020

Autotest pour détecter le Covid disponible dans une pharmacie à Brest, le 16 avril 2020 - Fred TANNEAU © 2019 AFP

Dans un communiqué, plusieurs organisations déplorent l'impossibilité pour plusieurs établissements d'assurer un dépistage efficace des élèves, alors que les classes de 4e, 3e et des lycées viennent de faire leur rentrée ce lundi.

Une "nouvelle arme" pour "essayer de casser les chaînes de contamination". En déplacement dans un établissement scolaire de Meurthe-et-Moselle ce lundi, jour de rentrée en demi-jauge pour les collégiens et lycéens du pays, le Premier ministre Jean Castex a rappelé avoir commandé 64 millions d'autotests à destination des élèves et du personnel enseignant.

Ces dispositifs arrivent progressivement dans les écoles, collèges et lycées qui se sont portés volontaires pour l'occasion. Deux millions ont été diffusés ces derniers jours, et le reste doit être distribué entre mai et juin, a assuré le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer dans le JDD ce week-end.

"Exercice irréalisable!"

Un nouveau protocole qui demande un surcroît de travail important ainsi qu'une logistique conséquente aux établissements concernés. Dans un communiqué publié en fin de semaine passée, les syndicats SNPDEN-UNSA, ID-FO et Sgen-CFDT ont exposé les raisons pour lesquelles les objectifs du gouvernement étaient actuellement intenables.

Considérée comme "une opération de dépistage d'envergure", la diffusion de ces autotests "nécessite du temps, des locaux dédiés et disponibles sous conditions d'hygiène adaptées, du personnel formé et en nombre", soit autant de critères qui, pour les signataires, ne sont pas remplis.

Afin de souligner son propos, le même communiqué prend pour exemple un lycée de 1000 élèves, dans lesquels "une seule infirmière est en poste".

"Ainsi, pour un lycée de 1000 élèves, à raison de 2 séquences d'une demi-heure par classe du fait de la demi-jauge, c'est un total de 58 heures de séquences spécifiques qu'il faudrait arriver à programmer sur une semaine: exercice irréalisable!", peut-on lire.

Pour sortir de cette impasse, les syndicats appellent le ministère à recruter "des personnels extérieurs en nombre pour prendre en charge dette opération dans tous les établissements".

Des autotests encore en Chine?

Le manque de personnel n'est d'ailleurs pas le seul souci relevé par les différents proviseurs concernés. Interrogé par Le Parisien, Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN et à la tête d'un établissement marseillais, déplore le nombre extrêmement réduit d'autotests reçus, 24 ce lundi uniquement.

"C’est très compliqué, il y a un décalage entre ce qu’annonce le ministre et le terrain. [...] Il y a fort à parier que pour mes lycéens, je les reçoive quand… il n’y aura plus d’élèves dans l’établissement, début juin!", ironise-t-il auprès du quotidien francilien. "Samedi, j'ai même appris que l'essentiel des autotests étaient encore en Chine. Je pense qu'effectivement lundi il ne se passera pas grand-chose", ajoutait ce dernier auprès de FranceInfo.

Pour autant, les syndicalistes sont bien loin d'être réticents à l'utilisation de ces autotests, mais pas de cette manière. "Ne vaudrait-il pas mieux qu'ils se testent chez eux, pour éviter qu'ils ne viennent au lycée s'ils sont positifs", conclut Philippe Vincent auprès du média national.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV