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Alzheimer: un malade sur deux ne serait pas pris en charge

Un Ehpad, à Lens, en 2013

Un Ehpad, à Lens, en 2013 - Philippe Huguen - AFP

Une étude estime qu'un malade atteint d'Alzheimer sur deux n'est pas diagnostiqué en France. Plus d'un million de personnes seraient touchées.

Un malade d'Alzheimer sur deux ne serait pas diagnostiqué aujourd'hui en France, et serait en conséquence privé de prise en charge adaptée, selon une étude publiée mardi par Cap Retraite.

Selon cet organisme qui conseille les familles cherchant une place en maison de retraite pour un proche, plus de 500.000 personnes souffrant d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée sont diagnostiquées et prises en charge, mais la maladie toucherait au total plus d'un million de personnes âgées.

D'après les chercheurs de l'Inserm, leur nombre risque de doubler à l'horizon 2040 pour atteindre les deux millions.

Le domicile, lieu à favoriser

Ce sont les départements urbains du Nord, des Bouches-du-Rhône et de Paris qui diagnostiqueraient le mieux les personnes atteintes d'Alzheimer, avec plus de 30% des malades estimés effectivement pris en charge. En revanche, dans les zones rurales de la Creuse, des Deux-Sèvres ou du Gers, cette proportion serait de 15%.

Le médecin généraliste joue un rôle primordial dans le dépistage. Depuis le plan Alzheimer 2008-2012, le dispositif s'est renforcé avec la mise en place de plus de 400 Centres de consultation mémoire et 252 Maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades Alzheimer. "Une prise en charge précoce permettra au sujet de rester plus longtemps à son domicile, lieu par excellence à favoriser car porteur de l'histoire et de la mémoire", souligne le gériatre Hughes Bensaid, cité dans l'étude.

Plus de 120.000 malades résidant à domicile ont pu être pris en charge, grâce aux services communs à l'ensemble des personnes âgées en perte d'autonomie, et aux dispositifs spécialisés (25.000 places réparties entre les Équipes spécialisées Alzheimer à domicile -Esad-, les accueils de jour dédiés et l'hébergement temporaire). Mais cela ne représente que 20% des malades estimés résidant à domicile, les 80% restants n'ayant pas encore été suivis, faute de diagnostic. 

Il faudrait 20 fois plus de places en Esad

L'étude estime que si l'ensemble des malades estimés était diagnostiqué et pris en charge, il faudrait créer 20 fois plus de places en Esad pour atteindre près de 105.000 places (on compte actuellement 4,4 places en moyenne au sein de ces équipes pour 100 malades estimés), et multiplier par 10 à près de 150.000 le nombre de places en accueil de jour (7,3 places pour 100 malades estimés actuellement).

La Lozère, le Vaucluse et les Pyrénées-Orientales sont les mieux dotés en équipes spécialisées à domicile, tandis que la Seine-Saint-Denis, l'Aisne et la Meurthe-et-Moselle proposent l'offre de services la moins adaptée.

la rédaction avec AFP