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Alcool pendant la grossesse: les effets d'une faible consommation restent peu connus

En France, le message des autorités sanitaires est "Zéro alcool pendant la grossesse"

En France, le message des autorités sanitaires est "Zéro alcool pendant la grossesse" - FRED DUFOUR / AFP

Il existe peu de données scientifiques pour établir quels sont les risques d'une faible consommation d'alcool pendant la grossesse. Toutefois, la recommandation "zéro alcool" doit prévaloir, conclut une nouvelle étude.

"Zéro alcool pendant la grossesse", sommait une campagne de prévention à l'adresse des femmes enceintes, lancée lundi dernier. "L’alcool est toxique pour le fœtus et peut entraîner diverses complications", rappelaient ainsi l'Agence de santé publique et de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). 

Certes, les dangers pour le foetus ou l'enfant à naître d'une consommation modérée ou forte d'alcool pendant la grossesse sont avérés: fausses couches, naissance prématurée, malformations, retards de croissance et de développement... Mais quels sont les risques d'une faible consommation d'alcool pendant la grossesse?

Peu d'éléments scientifiques

Une équipe de chercheurs britanniques s'est intéressée à la question et les résultats de leur étude ont été publiés ce mardi, dans la revue britannique BMJ Open. Ils ont défini comme relevant d'une "faible consommation" l'ingestion de 32 grammes maximum d'alcool pur par semaine, soit environ trois à quatre verres de vin.

Pour mener leur enquête, les chercheurs ont analysé 26 études scientifiques sur les conséquences de l'alcool sur le foetus pendant la grossesse. "Nous avons trouvé peu d'éléments permettant de prouver un rôle de cause à effet d'une faible consommation d'alcool pendant la grossesse", annonce l'équipe britannique.

On ne sait donc pas définir en deçà de quel seuil la consommation serait sans danger, ni même dire s'il en existe un, résument les chercheurs. "Nous avons été surpris qu'il n'y ait pas plus de recherches sur ce sujet très important", déplore Loubaba Mamluk, chercheuse en épidémiologie à l'université de Bristol et co-auteure de l'étude.

Principe de précaution

Cette absence de données rend difficile l'élaboration de messages de prévention grand public et "crée de la confusion pour les professionnels de santé et les femmes enceintes", souligne Loubaba Mamluk.

En France, le slogan "Zéro alcool pendant la grossesse" des autorités sanitaires a d'ailleurs été accusé de véhiculer une forme d'infantilisation et de culpabilisation des femmes. Il vaudrait mieux leur exposer l'état des connaissances tel qu'il est, suggérait ainsi Rue89 vendredi dernier.

L'absence de preuves en l'état actuel de la recherche ne signifie pas qu'il soit démontré qu'une faible consommation d'alcool est sans danger, précisent les auteurs de l'étude. Le message de prévention doit donc rester "mieux vaut prévenir que guérir", concluent-ils.

Juliette Pousson avec AFP