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Activités estivales, sports nautiques, restauration... des anomalies dangereuses détectées

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- - iStock - Jacob Wackerhausen

Alors que l'Opération interministérielle vacances (OIV) vient d'être lancée, les enquêtes de la Répression des Fraudes pour l'année 2016 ont été publiées. Outre des défauts d’information sur les prix et les étiquetages, les résultats concernent aussi la non-conformité des activités de loisirs, les dangers de certaines aires de jeux ainsi que l'hygiène des établissements de restauration.

L’Opération Alimentation Vacances (OAV) se déroule chaque année pendant l'été pour renforcer les contrôles en matière de sécurité sanitaire des aliments dans les secteurs de la restauration et des commerces alimentaires qui seront soumis à une forte affluence. Cette action, lancée également cette année, s’inscrit dans le cadre de "l’Opération Interministérielle Vacances" (OIV), destinée à "protéger les intérêts économiques des consommateurs et garantir leur sécurité sur leur lieu de vacances."

La Répression des Fraudes (DGCCRF*) vient de dévoiler les résultats de l'édition 2016 de cette opération, dont les contrôles ont ciblé les événements estivaux, les activités et sports liés à la nature et l’offre touristique. Ainsi, environ 27 000 établissements ont été contrôlés l'année dernière, pour un taux d’anomalie est de 24% en 2016. Dans le domaine de la restauration commerciale donc, 113 établissements ont fait l'objet d'une fermeture sur 8 210 visites effectuées.

Trois types d'anomalies ont été relevés, la première étant une hygiène insuffisante des locaux. Absence de film sur des denrées travaillées, de plan de nettoyage ou de relevé de température, congélation dans de mauvaises conditions d’hygiène, défaut de traçabilité... de nombreux professionnels ont été enjoints "de mettre en conformité leur plan de travail, leurs réfrigérateurs, leurs outils (machines à trancher, etc.).", explique la DGCCRF.

Certains produits industriels sont non conformes

Autre manquement grave, celui du non respect des températures. En effet, "de nombreux professionnels n’avaient pas d’équipements adéquats pour transporter les denrées réfrigérées à des températures conformes. Leur conservation elle-même se fait régulièrement à des températures trop élevées.", affirment les enquêteurs. Enfin, des professionnels ont été verbalisés pour détention de denrées dont la date limite de consommation était dépassée.

Il peut s'agir de tous types de restaurants et de commerces: marchés, boucheries, traiteurs, poissonneries, ventes ambulantes, supérette de centres de vacances. Les résultats de ces contrôles sont pour la première fois accessibles sur le site "alim-confiance.gouv.fr". Une autre partie de ces contrôles de "l’Opération Interministérielle Vacances" concernait des équipements mis à disposition des enfants non conformes donc susceptibles de faire peser un risque pour leur sécurité.

Dans ce secteur, les enquêteurs ont suspendu la mise à disposition du public d'équipements situés dans les aires de jeux: structure combinée plateforme + toboggan, balançoire, etc. "Plusieurs exploitants ont été mis en demeure de les remettre en conformité.", indiquent-ils. Des lits superposés utilisés dans des centres de vacances ou en location se sont aussi révélés dangereux: barrières trop espacées, cassées ou absentes, lits instables, voire non fixés l’un sur l’autre.

Bien vérifier les équipements de sport et de loisirs

Dans le domaine des activités et sports liés à la nature, plus d'un contrôle sur trois a conduit à la constatation d'un manquement. Ainsi, les activités récréatives et de loisirs ont présenté un taux d’anomalie de 25%. Les anomalies les plus dangereuses pour la sécurité des consommateurs, notamment les plus jeunes, ont été détectées dans les activités "de glisse" (téléskis nautiques). La DGCCRF fait savoir que la "sécurisation des structures gonflables dans les clubs de plage est aussi globalement mauvaise".

Elle appelle également à faire très attention lors de la location d'articles de sports et de loisirs. Ces derniers ont représenté un taux d’anomalie de 25% (36 avertissements, 20 injonctions, 10 procès-verbaux). A titre d'exemple, "les équipements de protection individuelle (EPI), notamment les casques de sécurité, et les équipements individuels de flottaison (EIF) présentaient des caractéristiques dangereuses comme des équipements usés ou en mauvais état et des attaches défectueuses." 

Dans les cas où les manquements mis en évidence conduisait à un préjudice important pour les consommateurs, notamment leur sécurité, "les opérateurs ont été sanctionnés (procès-verbal, amende administrative) ou enjoints de se mettre en conformité.", affirme la DGCCRF. Cette dernière précise que "la grande majorité des professionnels contrôlés tient compte des avertissements et injonctions reçus, et les mesures de police administrative sont souvent suivies d’effet dès réception de la lettre annonçant l’intention de l’administration de prononcer une injonction à leur encontre."

*Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes 

Alexandra Bresson