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A quel moment de la journée une thérapie s'avère le plus efficace?

Les patients progresseraient mieux pendant leurs séances de psychothérapie si ces dernières sont réalisées le matin.

Les patients progresseraient mieux pendant leurs séances de psychothérapie si ces dernières sont réalisées le matin. - iStock - KatarzynaBialasiewicz

Quand faut-il prévoir les séances de psychothérapie? Selon des chercheurs américains, la tranche horaire a son importance puisqu'il faut la combiner avec un phénomène physiologique naturel: la production d'une hormone, le cortisol, qui se fait plus importante le matin.

Il est conseillé aux personnes souffrant de troubles de l'anxiété ou de phobies sévères de se faire aider avec l'aide d'une psychothérapie. Et pour maximiser les effets de cette dernière, il suffirait d'une astuce simple, comme le révèlent des chercheurs de la Southern Methodist University (Dallas).

Dans leur récente étude, ces derniers recommandent de privilégier des séances de psychothérapie matinales en raison d'un phénomène physiologique: le niveau de cortisol, une hormone naturellement produite par l'organisme, est plus haut à ce moment précis de la journée avant de baisser progressivement.

"Le cortisol est utilisé en situation thérapeutique pour faciliter l'extinction de la peur, explique Alicia Meuret, principal auteur de l'étude. Les médicaments pour améliorer cette extinction de la peur sont à l'étude mais ils peuvent être difficiles à gérer et ont donné des résultats mitigés. Les résultats de notre étude prennent en compte deux agents simples et naturels : notre propre cortisol et l'heure de la journée".

Le cortisol aide à diminuer la peur irrationnelle

Cette hormone s'avère en effet utile pour renforcer les bienfaits d'un style de thérapie appelé "apprentissage de correction", destiné aux patients souffrant d'anxiété et de phobies. Cette thérapie consiste à faire disparaître chez le patient cette tendance qu'il a de surestimer la menace qu'une sensation ou une situation peut causer.

En cas d'exposition directe, celui-ci doit comprendre que la probabilité d'une catastrophe attendue est très faible. Le cortisol joue un rôle crucial puisque l'hormone aide à supprimer cette "mémoire de la peur" créée lors d'évènements antérieurs pénibles, tout en aidant le patient à mieux absorber et à mieux se rappeler les nouvelles informations correctives données pendant la séance de psychothérapie.

"Dans une étude antérieure, nous avions montré que des niveaux plus élevés de cortisol pendant et en prévision de l'exposition facilitent l'apprentissage de correction, ajoute Alicia Meuret. Nous savons aussi que le cortisol est produit tôt dans la journée mais nous ne savions pas s'il agirait comme un médiateur entre le temps de la journée et les gains thérapeutiques." 

Le matin, une tranche horaire à part

Les chercheurs ont testé leur théorie auprès de 24 personnes diagnostiquées avec des troubles de la panique et une agoraphobie, une peur des lieux publics fondée sur la crainte de ne pouvoir trouver de l'aide à cet endroit. Pendant trois semaines, les participants se sont tous pliés à une session hebdomadaire de "thérapie d'exposition". Ils étaient exposés à des situations qui induisent chez eux de la panique (lieux clos, transports publics).

Le but étant que cette exposition répétée finisse par les aider à diminuer leur réaction au fil du temps. Parallèlement, leur niveau de cortisol était mesuré à différents moments au cours de chaque séance à partir d'échantillons de salive. En évaluant les résultats, les chercheurs ont estimé que la thérapie d'exposition a donné lieu à des améliorations significatives en général. Cependant, les patients qui ont le mieux surmonté leurs craintes sont ceux qui ont bénéficié de sessions tôt dans la journée.

"Le cortisol élevé est lié à une réduction plus importante dans l'évaluation de la menace et des symptômes de panique", soulignent les chercheurs. Ces derniers ne sont cependant pas parvenus à expliquer exactement pourquoi le cortisol améliore l'efficacité des séances de psychothérapie du matin. D'autres études doivent être menées mais ils suspectent d'autres mécanismes physiologiques liés à cette tranche horaire: le rythme naturel du corps ou la quantité et la qualité du sommeil.

Alexandra Bresson