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Viry-Châtillon: l'agression des policiers relance le débat sur l'existence des "zones de non-droit"

Après l'agression de quatre policiers samedi dans l'Essonne, Manuel Valls a nié l'existence de "zones de non-droit". Un argument contesté à droite.

Samedi 8 octobre, quatre policiers ont été agressés à Viry-Châtillon dans l'Essonne. L'un d'eux, grièvement brûlé, a été placé sous coma artificiel. Une attaque qui relance le débat autour du travail de la police dans les quartiers sensibles. Ce mardi, un syndicat de policiers appelle à faire la "grève du zèle", c'est-à-dire à ne traiter que les affaires urgentes.

En déplacement sur les lieux de l'agression lundi, Manuel Valls a martelé qu'il n'existait pas de "zone de non-droit". "Je n'accepte pas ces analyses là. Pourquoi il y a des incidents depuis plusieurs jours de nouveau ici? (…) C'est parce que la police fait son travail". Il a également promis que "l'autorité de l'Etat" était "assurée" dans les quartiers sensibles. Enfin, le Premier ministre a rappelé que depuis 2012, 9.000 postes de policiers avaient été créés quand plus de 10.000 avaient été supprimés lors du quinquennat précédent.

Le Maire accuse Valls de "déni de réalité"

"Il faut revenir aux effectifs de 2007 en matière de police et gendarmerie, cela a été une erreur d'en supprimer", reconnaît Bruno Le Maire. Mais le député de l'Eure, candidat à la primaire de droite, refuse d'accepter l'argument de Manuel Valls. "Oui, il y a des zones de non-droit en France", répond-il mardi sur RTL, dénonçant le "déni de réalité" du chef du gouvernement.

De son côté, la députée LR Catherine Vautrin, porte-parole de Nicolas Sarkozy, rappelle sur BFMTV que "le gouvernement est aux affaires depuis 4 ans et demi. On récolte l'absence de politique pénale et les difficultés générées par la majorité socialiste".

Les zones de non droit existent-elles en France? Si la réponse est claire pour Bruno Le Maire, Alain Juppé lui ne répond pas directement à la question. Mais lundi soir sur BFMTV, le maire de Bordeaux, lui aussi candidat à la primaire de droite, estime "qu'il faut se donner les moyens" pour qu'il n'y en ait pas. "C'est tout une chaîne: ça commence par le Renseignement, qu'il faut renforcer, puis la police et la gendarmerie, qu'il faut renforcer également". L'agression aura en tout cas confirmé l'importance de la présence des fonctionnaires de police dans le débat politique. Un débat que l'on pourrait également retrouver lors de la campagne présidentielle.

Ariane Kujawski