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Vers un remaniement rapide après "la vague bleue"

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Maintes fois annoncé depuis 2012, le remaniement du gouvernement devrait intervenir rapidement, sans doute dès lundi, au lendemain de la lourde défaite des socialistes aux municipales qui pourrait coûter sa place à Jean-Marc Ayrault.

Avec des dizaines de pertes de villes, dont certaines symboliques comme Toulouse, Quimper, Limoges ou Belfort, la majorité a essuyé une cuisante défaite pour ce premier test électoral majeur du quinquennat.

Les leçons de ce scrutin catastrophique devraient être vite tirées par le chef de l'Etat. Il exclut cependant tout changement de cap économique et social, exigé par une partie de la gauche.

François Hollande devrait dans ces conditions remanier assez vite pour tourner la page de ces municipales et mettre sur les rails les réformes promises depuis le début de l'année. Le remaniement pourrait ainsi intervenir dès lundi, mardi étant le 1er avril et l'agenda gouvernemental s'annonçant chargé à partir de mercredi.

Lundi, le président de la République recevra à 10hh00 Manuel Valls, le populaire ministre de l'Intérieur qui pourrait être nommé Premier ministre. Il déjeunera ensuite à 13h00 avec Jean-Marc Ayrault, selon l'agenda communiqué par l'Elysée. Ayrault et Valls, plus que jamais rivaux pour Matignon, se verront eux en tête à tête à 08h30, comme tous les lundis.

Ayrault ne veut pas se laisser faire

Jean-Marc Ayrault, dont une écrasante majorité de Français souhaite le départ de Matignon, est plus que jamais sur la sellette.

Sonné après le premier tour, il est désormais décidé à vendre chèrement sa peau. Il veut rester au moins jusqu'aux régionales de mars 2015, avant que François Hollande choisisse un Premier ministre pour préparer l'échéance présidentielle de 2017.

Dimanche en fin de journée, Jean-Marc Ayrault a multiplié les rendez-vous à Matignon avec des ministres, dont Najat Vallaud-Belkacem (porte-parole), Pierre Moscovici (Economie) ou Benoît Hamon (Economie solidaire). Une manière d'essayer de montrer qu'il n'est pas sur le départ et prépare un gouvernement Ayrault 3.

Ses meilleurs arguments sont ses rapports de confiance avec le chef de l'Etat, le soutien des partenaires écologistes et sa capacité à encaisser les coups.

Parmi ses points faibles, Jean-Marc Ayrault peine depuis 2012 à discipliner la majorité et à incarner la politique du gouvernement. Il est aussi très impopulaire et ne protège pas M. Hollande.

Cécile Duflot botte en touche

Plusieurs poids lourds de la majorité militent ainsi pour le remplacement de celui qui bat des records d'impopularité par Manuel Valls, ou Laurent Fabius, pour son expérience, tous deux appréciés des Français et jugés plus solides.

Dimanche soir, sur les plateaux télévisés, les membres du gouvernement n'ont pas voulu insulter l'avenir et se sont bien gardés d'évoquer ce remaniement, qui est une prérogative du chef de l'Etat.

"Le vrai sujet, c'est la politique du gouvernement", a botté en touche la ministre écologiste, Cécile Duflot. "A cet instant, il n'y a pas de remaniement. La question n'étant pas posée, je n'y réponds pas", a esquivé celle qui ne cache pas ses désaccords politiques avec Manuel Valls.

Ségolène Royal, donnée entrante dans un futur gouvernement, a elle appelé à "parler un peu moins du remaniement et un peu plus de ce que les Français attendent, c'est-à-dire l'amélioration de la vie quotidienne". Elle a cependant fait des offres de services en vantant son "énergie pour (son) pays".

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La rédaction avec AFP