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Valls II: une rentrée sous le signe du social-libéralisme

Le président de la République François Hollande (g.) avec son nouveau ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, ce mercredi 27 août à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée.

Le président de la République François Hollande (g.) avec son nouveau ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, ce mercredi 27 août à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée. - Bertrand Guay - AFP

Vidée de ses contestataires, la nouvelle équipe de Manuel Valls suivra le cap du social-libéralisme. Si le Medef est séduit, la rupture est consommée avec l'aile gauche du PS.

"J'aime l'entreprise!" Le cri du coeur de Manuel Valls devant le Medef, ce mercredi après-midi, est emblématique. Le gouvernement Valls II, vidé de ses contestataires, a fait une rentrée tonitruante sous le signe d'un social-libéralisme revendiqué.

François Hollande et Manuel Valls ont donc tranché. Un "cap", une "ligne", le pacte de responsabilité, et une "méthode", celle "de la cohérence, de la solidarité", a déclaré le président de la République, mercredi matin lors du premier Conseil des ministres de la seconde ère Valls.

Macron, l'anti-Montebourg

Signe de ce virage, la nomination au poste clé de l'Economie d'un tenant de cette ligne, Emmanuel Macron. Ancien conseiller à l'Elysée, cet inconnu du grand public âgé de 36 ans a insisté lors de la cérémonie de passation de pouvoirs à Bercy sur le "travail en équipe", "sous l'animation du Premier ministre". Après le trublion Arnaud Montebourg, changement de style.

"Cessons d'opposer Etat et entreprises", a pour sa part lancé Manuel Valls, qui se trouvait à l'université d'été du Medef sur le campus d'HEC. Un hasard du calendrier, et un discours qui a recueilli les faveurs du patronat, qui a réservé au Premier ministre une standing ovation.

Rupture avec les "frondeurs"

Du côté des frondeurs socialistes, en revanche, on est loin d'applaudir des deux mains. Pour l'un d'entre eux, le député Laurent Baumel, voici le signe d'une rupture "idéologique" avec "tout ce à quoi nous avons cru à gauche depuis des décennies". La nomination d'un "financier à l'industrie", selon l'expression d'un autre frondeur, Jean-Marc Germain, est pour Laurent Baumel une "provocation dérisoire". La rupture est bel et bien consommée.

Najat Vallaud-Belkacem, nouvelle ministre de l'Education nationale, a pour sa part dû faire face à de violentes critiques en provenance de l'opposition. L'ancienne ministre des Droits des femmes a été rattrapée par la polémique sur un prétendu enseignement d'une "théorie du genre" à l'école, dénoncé par les opposants au mariage homosexuel de la "Manif pour tous".

L'épreuve du vote de confiance

Pour Manuel Valls et sa nouvelle équipe, le chemin ne s'annonce donc pas semé de roses. En septembre ou en octobre, le Premier ministre devra franchir une nouvelle haie à l'Assemblée, où il entend se soumettre à un vote de confiance. Et l'opinion s'impatiente devant l'absence de résultats. Les 26.100 chômeurs de plus en juillet, chiffres dévoilés ce mercredi à 18 heures, ne sont pas pour l'apaiser.

Mathilde Tournier, avec AFP