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Vaisselle, voyages, remboursements: la Cour des comptes détaille les frais de l'Elysée en 2018

Entrée de la Cour des comptes.

Entrée de la Cour des comptes. - Ludovic MARIN / AFP

Ce jeudi, la Cour des comptes a publié son rapport annuel sur les dépenses de l'Elysée pour l'année 2018. Des effectifs de la présidence de la République aux déplacements privés du chef de l'Etat, l'institution est entrée dans le détail.

La Cour des comptes a beau y consacrer un rapport tous les ans depuis 2009, son relevé des dépenses, coûts divers et parfois entrées d'argent de l'Elysée pour l'exercice 2018 surgit cette fois dans un moment à part. L'institution a en effet publié son document portant sur les comptes et la gestion des services de la présidence de la République ce jeudi alors que les remous autour du train de vie réel ou supposé de François de Rugy sous les ors de l'Etat s'apaisent à peine. Le rapport est d'ailleurs l'occasion de revenir sur quelques polémiques qui ont marqué l'année passée pour la présidence de la République. 

  • Retour sur la vaisselle de Sèvres 

Ainsi, le texte évoque le renouvellement du service de table pour les dîners d'Etat via la fameuse vaisselle de Sèvres. Un tel renouvellement, inédit depuis Napoléon III est-il précisé, implique 1500 pièces. 600 pièces, soit dans le détail 300 assiettes de présentation et 300 assiettes à pain, ont déjà été livrées en janvier dernier. 

L'Elysée a débloqué une subvention exceptionnelle de 50.000 euros pour "couvrir les frais des artistes ayant créé les 'esquisses et marquettes' de la nouvelle vaisselle de l’Élysée". Ce versement a été opéré en complément de la subvention annuelle, reçue en 2017, à la manufacture de Sèvres pour charge de service public. Cette dernière s'élève à 3,8 millions d'euros. 

  • Le coût des déplacements privés 

Le document aborde aussi le chapitre des déplacements privés du couple présidentiel. Lorsque Emmanuel Macron embarque avec son épouse pour l'un de ces voyages, à bord d'un appareil de l'escadron de l'armée dédié aux périples du chef de l'Etat, il rembourse le prix du trajet, calculé à partir des tarifs des vols commerciaux, ainsi que les frais de bouche du séjour. Il a ainsi remboursé 5043 euros en 2018. 

Les quatre déplacements privés de l'année 2018 sont exposés dans le rapport, avec leurs coûts respectifs. Le crochet par La Mongie en décembre 2017 a représenté 21.784 euros. Les deux passages au Fort de Brégançon en mai et août 2018 ont atteint un total de 72.043 euros, tandis que les journées normandes passées à Honfleur en novembre 2018 ont nécessité 13.518 euros. Si ces voyages sont onéreux, c'est parce qu'ils entraînent le même dispositif de sécurité, et donc le déplacement et la prise en charge des agents l'assurant, qu'une sortie officielle. En revanche, les sommes citées n'intègrent pas la masse salariale des personnes mobilisées à ce titre. 

  • Revue d'effectif 

Le personnel de sécurité attaché à la tête de l'Etat, qui comprend à la fois la Garde républicaine et le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), représente un tiers de l'effectif total des services de la présidence de la République. Le GSPR est aussi affecté à la sécurité de la première dame. 

Une autre section très étoffée au sein de la présidence de la République? Le service de la correspondance qui compte 71 emplois à temps plein. Sept d'entre eux découvre le courrier adressé à Brigitte Macron. Cette dernière a par ailleurs reçu 19.500 plis en 2018, contre 13.000 en 2017. 

  • Les moyens de la première dame 

Brigitte Macron ne perçoit aucune rémunération en tant que première dame, ce dernier titre n'étant qu'officieux en France. Elle ne bénéficie pas davantage de frais de représentation et ne dispose pas d'un budget propre, comme le rappelle la Cour des comptes.

En revanche, elle peut s'appuyer sur un directeur de cabinet, un chef de cabinet et deux secrétaires. Elle peut faire appel à la coiffeuse-maquilleuse de la présidence de la République et n'en a pas pour autant de budget de représentation. 

  • Le cabinet de l'Elysée à la loupe 

On a recensé, en 2018, 47 membres dans le cabinet de l'Elysée, soit quatre de plus que l'année précédente. Parmi eux, douze se partagent entre le "Château" et Matignon. Au moment d'examiner le personnel de l'Elysée, il est une pratique que la Cour des comptes a cependant peu goûtée. 665 fonctionnaires relèvent d'un des corps de l'Etat et sont mis à la disposition de la présidence de la République, contre remboursement. La rue Cambon demande une réduction de ce nombre. 

Parmi les 30 plus hautes rémunérations de l'Elysée, 28 respectent le plafond fixé à 13.000 euros lors du mandat précédent, tandis que deux le débordent. La Cour de comptes fait cependant observer que ce débord excède de peu la limite préconisée et que les explications fournies par l'Elysée à ce propos lui suffisent. 

  • Les revenus de la boutique 

Plus largement, l'instance note qu'en 2018 les dépenses de fonctionnement courant ont représenté un bond de 30% mais l'attribue à un rythme d'activité plus soutenu. 

La Cour des comptes remarque par ailleurs une rentrée d'argent en particulier: la vente de produits dérivés. Celle-ci a rapporté 27.833 euros à l'Elysée sur un chiffre d'affaire de 397.618 euros. 

Camille Langlade avec Robin Verner